PORTRAIT DE CES A.ME
jusqu'à leur mort et ne pensent pas, pendant toute leur vie, qu'on puisse faire davantage. . . S'ils meurent sans péché mortel
ront sauvés, mais ils sont plus exposés qu'ils ne le croient,
■ qu'ils s'imaginent pouvoir également obéir à Dieu et à
la nature; il est bien difficile et, pour ainsi dire, impossible de
.'• ainsi dans la grâce. S'ils persévèrent cependant ils
1 sauvés, mais un purgatoire horrible 1rs attend, pour leur faire expier dans de longues et cruelles souffrances la satisfaction qu'ils ont accordée à toutes leurs fantaisies grandes et petites; et, lorsqu'ils seront purifiés, ils iront au ciel recevoir
lécompense et leur couronne, qui sera petite et pauvre en paraison des cour nnes destinées aux hommes d'un grand
ige; car ils ont vécu sans fatigue et combattu sans énergie, sans un amour généreux de Dieu. . . Le démon n'a le pouvoir
ilncr^ les habitants de ce premier rocher qu'autant qu'ils
y consentent. Il est vrai qu'il a grande chance de les entraîner,
!s vivent absorbés dans les pensées et les affaires du
, qu'ils aiment les honneurs, les plaisirs de la nature, du ... lis ne s'appliquent pas à avancer dans la vie
utile . . . Ils connaissent bien peu la paix et la joie de l'âme,
pour cela il faut avant tout combattre la nature et la vainc i
§ — 2. Pratiques pieuses, dispositions intimes, conduite extérieure des âmes du premier degré
33. Pratiques pieuses. — Les âmes de ce premier degré sont - qui s'adonnent quelque peu aux pratiques religieuses; font de temps à autre de salutaires réfl -xions, elles ne sont
ms comprendre la grandeur de Dieu et la gravité de nos rs envers Lui. Aussi savent-elles prier; parfoismème, quand <>nt à obtenir quelque grâce temporelle, elles mettent dans l< urs prièri s une certaine ardeur.
Lpur piété ne va pas plus loin, le recueillement leur est chose inconnue, les exercices de dévotion n'ont pour elles aucun me; si elles y sont poussées par les circonstances, elles s'en tent à contre-cœur et sans profit.
34. Dispositions intimes. — Les perse- s de la foi ne sont donc bsolument étrangères à ces chrétiens; elles ne naissent pas
spontanément, mais il ne faut pas non plus des occasions bien extraordinaires pour les susciter. Qu'une épreuve les menace, qu'un malheur s'apprête à fondre sur eux, Dieu leur apparaît aussitôt comme le meilleur des protecteurs : vite il faut recourir à Lui et faire appel à sa bonté. Les sermons, les cérémonies, les fêtes et solennités religieuses leur feront ordinairement une heureuse et salutaire impression; ils se prépareront, non avec ferveur, mais convenablement, à la réception des sacrements.
Nous disons que chez ces personnes les pensées de la foi ne naissent pas spontanément; en effet, en dehors des occasions que nous venons de mentionner et dans le courant de la vie elle B pensent peu à Dieu; leurs préoccupations, leurs pensées ordinaires sont toutes naturelles, et qui lirait au fond de leur cœur y verrait que leurs désirs, l'objet habituel de leurs rêves du leurs espérances, de leurs soucis, ce sont des avantages temporels et fort rarement des biens de l'ordre spirituel. Leur manière de considérer les choses, leurs jugements sont purement humains, elles ne conçoivent guère bien les choses divines. Leur résolution de rester fidèles à Dieu est cependant sincère, mais sans ardeur et sans grande fermeté.
Cependant on trouve assez souvent chez ceux dont nous parlons, e même chez des chrétiens moins bons encore, des sentim nts de fidélité à la cause de Dieu, d'éloignement pour les impies, si ardents et si fermes qu'ils sembleraient supposer un état plus parfait, une charité plus développée. D'où vient une foi si vive, là où il y a si peu d'amour? Il (est bien vrai que la foi est un don merveilleux où se manifeste avec éclat l'action toute miséricordieuse de Dieu. Cette vertu surnaturelle, si profondément plantée dans le cœur humain qu'elle semble indéracinable, cette disposition à accepter sans hésiter les plus profonds mj^stères, cette fermeté qui fait que le croyant n'est ébranlé ni par les scandales les plus déplorables, ni par les objections les plus spécieuses, ni par les tentations les plus terrib! s» tout cela montre bien la main de Dieu. Le péché lui-même, à moins qu'il ne soit directement opposé à la foi, ne la détruit pas, et si le pécheur n'en veut pas rejeter le joug, s'il continue à en faire des actes, sa foi reste profonde et vivace. Il n'est donc pas étonnant que cette vertu puisse acquérir de grands développements, là même où l'amour divin est tiède et languissant.