IMPORTANCE DE CETTE DIRECTION
intime en lui parlant au cœur dans la solitude, ils superposent à l'onction divine d'autres onctions, qui proviennent de coninces communes et de consolations vulgaires, dont ils la ut à se nourrir. C'est ainsi qu'ils lui font perdre avec la solitude et le recueillement, l'admirable et divine peinture que Dieu travaillait à perfectionner en elle. »
Et plus loin (§ 11), le bon Saint fait entendre des plaintes re plus amères et ne craint pas d'appliquer à ces directeurs ' ants un texte fameux de saint Paul : < Les directeurs, dit-il, qui se figurent que les âmes parvenues à cette contemplation solitaire et paisible perdent leur temps, n'ont donc pas la moindre intelligence de la voie qu'elles sont appelées à suivre, (l'est qu'ils n'ont pas eux-mêmes l'expérience de cette voie d'oraison, à laquelle ils ne sont peut-être pas même arrivés L'homme animal, a dit saint Paul, c'est-à-dire celui qui n'est pas encore sorti des opérations de la partie sensitive, ne pçut percevoir les choses qui sont de l'Esprit de Dieu.
« Ces directeurs se trompent, me direz-vous, mais leur zèle et louable, leur bonne intention les excuse. Mais comment leur zèle pourrait-il justifier les conseils téméraires qu'ils osent donner, alors qu'ils n'ont compris ni la voie par laquelle appelée à marcher, ni l'esprit qui la conduit. Et s'ils ignorent ces choses, pourquoi sont-ils assez insensés pour porter. une main aveugle à une œuvre qu'ils ne connaissent pas, au lieu de la laisser à de plus habiles qu'eux? Est-ce donc une simple imprudence et une faute légère de faire perdre à une ; ^estimables en lui imprimant une direction maladroite et fausse, et en la laissant ramper misérablement? Celui qui, par son ignorance et sa témérité, se trompe, alors qu'e/i vertu de son ministère il a le devoir d'y voir clair et de marcher p sûr, en sera certainement puni, et puni selon toute l'étendue du mal qu'il aura causé. S'il est des affaires au monde que l'on doive suivre avec la plus grande circonspection, ce sont assurément celles de Dieu, etc. »
Tel est, sur ce point, le langage de saint Jean de la Croix; il it superflu d'y rien ajouter.