‹ Les degrés de la vie spirituelleChapitre 150 sur 170 · SUPRÊMES PROGRÈS DE I.'.VMK SAINTE · texte numérisé non relu

SUPRÊMES PROGRÈS DE I.'.VMK SAINTE

ormes en Dieu, de sorte qu'en eux je ne vois plus

que Jésus, tantôt souffrant, tantôt glorifié; il me si mble qu'il

a transsubstantiés et engloutis dans son abii. (<:h. xlvii.)

§ 2 . — Longueur du chemin à parcourir pour atteindre ce suprême degré de la perfection

240. Nous avons eu souvent occasion de le montrer dans le couis de ce travail, les diverses étapes de la vie spirituelle sont ordinairement séparées les unis dis autres par de longs intervalles d'< fîorts généreux et constants. Pms on monte dans

. Ile mystique, plus les degrés s'écartent et deviennent pénibles à franchir. Que d'oeuvres de piété ne faut-il pas accomde devenir pieux; puis, que d'efforts et que de temps pour omnium- à La ferveur et de la f' rvi

ction ! Par quels rudes labeurs, par quelle suite

criûcas très généreux et d'épreuves vraiment extraordi-

sj l'âme parfaite doit-elle parvenir à l'héroïsme! Enfin, que

d'actes héroïques avant que l'héroïsme soit devenu un état

habituel et une disposition ordinaire !

Une fuis ce degré atteint, l'âme marche à pas de géant dans la de la sainteté. Dieu lui communique les grâces les plus précieuses et les plus sanctifiantes, sa vie abonde en œuvres admirables, elle fait tous les jours les plus merveilleux progrès et nous ne pouvons acquérir qu'une idée très imparfaite de la somme de grâces et de mérites qu'elle accroît sans cesse.

Et pourtant nous voyons par les vies des Saints que souvent de longues années se passent de la sorte avant qu'ils soient élevés à ce point culminant de la perfection qui s'appelle l'union transformante.

241. Sainte Thérèse avait environ quarante ans quand finirent pour elle les rudes angoisses de la purification de l'esprit, pendant lesquelles par sa fidélité et sa constance inébranlable elle s'était formée à l'héroïsme. Les années qui suivirent ne furent qu'une série ininterrompue d'œuvres saintes, de faveurs sublimes, de travaux et d'épreuves qui augmentaient imm ment ses mérites. A quarante-quatre ans, un Séraphin venait lui transpercer le cœur d'un dard enflammé pour lui marquer

l'ardeur embrasée de sa charité. A quarante-cinq ans, elle faisait le vœu du plus parfait ; puis elle entreprenait la réforme de son Ordre et celle de l'Ordre des Carmes; elle faisait de nombreuses fondations. C'était déjà une Sainte d'une sainteté bien rare; et cependant ce fut seulement à cinquante-sept ans et demi qu'elle fut élevée à la dignité d'épouse de Jésus-Christ et placée à ce degré de la vie mystique qu'elle nous décrit dans la septième demeure.

242. Sainte Catherine de Gênes, après avoir passé par les épreuves que nous avons dites, qui lui avaient communiqué une humilité si profonde et une haine d'elle-même si vigoureuse, s'adonna à la pratique des vertus et spécialement de la charité envers les malades et se mortifia de la façon la plus héroïque. L'épreuve première n'avait duré que quatorze mois, mais ses pénibles travaux et ses pénitences extrêmes lui tinrent lieu des épreuves intérieures, qui, chez d'autres Saints, commuent et complètent l'œuvre de la purification spirituelle : « J'ai vu et expérimenté les deux voies, s'était-elle dit à elle-même (Dial, lrc partie, eh. xx), et quelque grandes et horribles que soient les misères -que j'ai rencontrées (dans le soin des malades pleins d'immondices et couverts de vermine, qu'elle avait soignés avec un dévouement surhumain, eh. xix), il me semble que je vivrai plutôt avec elles qu'avec l'assaut du rayon divin »"(qui lui découvrait ses défauts). Elle persévéra dore trois années dans ces exercices héroïques l sans consolation intérieure. « Au bout de ce temps, dit son biographe, il ne restait plus en elle de vestige d'aucun de ses appétits naturels; elle avait acquis une telle force dans les habitudes vertueuses que la pratique de la perfection ne lui semblait accompagnée d'aucune difficulté et qu'il ne lui arriva plus d'avoir de tentations. » {Vie, ch. vi.) Elle avait environ trente-et-un ans.

Et, cependant, elle n'avait pas atteint l'état de sainteté auquel Dieu la destinait. Aussi lui fit-Il subir une nouvelle et encore plus douloureuse purification. (Dial., 2e partie, ch. x.)

1 Ce fut alors qu'elle accomplit, et à maintes reprises, cet acte de mortification qu'on trouve dans la vie de plusieurs Saintes, sainte Elisabeth, la B. Angèle de Foligno et sainte Marguerite-Marie, etc., avalant les immondices et la veimine pour mieux dompter les repugnances de la nature.

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