On appelle encore la contemplation oraison mystiquet et
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grâces mystiques ces dons de lumière et d'amour provenant de l'action immédiate de l'Esprit-Saint sur les puissances de l'âme. La raison de cette appellation vient du caractère mystérieux de ces grâces, qui souvent saisissent l'âme à l'improviste, qui l'éclairent par des Voies inconnues, et la poussent vers Dieu plus fortement qu'elle ne pourrait par elle-même se porter vers Lui. Ce nom vient aussi, et peut-être plus encore, du caractère mystérieux des vérités que l'âme saisit dans ce nouvel état : elle sait que le Dieu qu'elle aime est un Être incompréhensible, elle se fait de ses charmes et de ses amabilités une idée très haute, mais confuse et mystérieuse.
15. Cette oraison est encore nommée, par certains auteurs, oraison surnaturelle. Sainte Thérèse, -par exemple, abordant la description des phénomènes contemplatifs, dit : « Je vais désormais parler de choses surnaturelles. » (4e Demeure, ch. Ier.)
A ce propos, et pour qu'on ne se méprenne pas sur la valeur de ce mot, il est utile d'en bien préciser la portée. Ce mot, dans le langage des auteurs mystiques, comporte des sens différents.
Il y a en effet à distinguer trois degrés de surnaturel.
1° Le surnaturel ordinaire, qui consiste dans l'exercice des vertus chrétiennes : tout acte fait par un principe de foi, pour un but spirituel, est surnaturel; il suppose l'action prévenante et concomitante de la grâce actuelle. Dans ce sens la méditation commune, la prière vocale, sont des œuvres surnaturelles. Nemo potest dicere « Dominus Jésus » nisi in Spiritu Sancto. (I. Cor., xii, 3.)
2° Ce surnaturel se trouve toujours à notre portée, en ce sens que Dieu est toujours disposé à répondre à nos efforts et à nous aider à faire ces actes, dont Lui-même, du reste, nous inspire le désir. Mais, au-dessus de ce surnaturel ordinaire, il est d'autres opérations de la grâce plus relevées, qui ne suivent pas la voie la plus commune des actes de l'esprit humain, mais procèdent plutôt par des intuitions que par des raisonnements. Elles supposent une action toute particulière de Dieu et sont par conséquent indépendantes de nos efforts : nous aurons beau vouloir nous les procurer, nos tentatives resteront vaines; de même serons-nous impuissants à les garder en nous, s'il plaît à Dieu de les faire cesser.
« J'appelle surnaturel, disait sainte Thérèse, ce que nous ne