‹ Les degrés de la vie spirituelleChapitre 83 sur 170 · NOUVEAU MODE D'OPÉRATION" DE LA GRACE · texte numérisé non relu

NOUVEAU MODE D'OPÉRATION" DE LA GRACE

ouvons acquérir par nous-mêmes, quelque soin et quelque iligence que nous y apportions. Tout ce que nous pouvons faire, est de nous y disposer, et c'est un grand point que cette isposition l, » C'est dans ce second sens que les actes de contemation sont dits surnaturels, la nature aidée de la grâce comlune ne pouvant les produi/e.

3° Enfin, parfois on réserve le mot « surnaturel » aux opéraons extraordinaires de la grâce, les actes qu'elles produisant ant contraires aux lois ordinaires de la nature, et, par conséuent, surnaturels non seulement dans leur essence, mais aussi *ns leur mode ; telles sont les révélations, visions, extases, en n mot tous les phénomènes d'ordre miraculeux. 16. Ola posé, on peut dire avec Schram (§ 219) quelacontemation commune est à la fois acquise et infuse, active et passive, iturelle et surnaturelle 2. D'une part, en effet,» elle n'est année qu'aux âmes qui, par leurs efforts préalables, ont écarté s obstacles et s'y sont de la sorte disposées, et en cela elle irait être le fruit de nos labours 3. D'un autre côté elle dépend u bon plaisir de Dieu : les goûts divins (nous employons le ot de sainte Thérèse) qu'on y éprouve souvent et même union intime avec Dieu, la connaissance générale et amoureuse 3 Dieu qui en fait le fond, sont indépendants des efforts de âme; il faut pour les ressentir l'action de Dieu 4, et cette action exerce plus tôt ou plus tard, selon les dessains de la Providence, n ne doit donc point s'ingérer de soi-même dans cette oraison,

1 La primera oracion, que senti, a mi parecer sobre-natural, que llamo > lo que con induslria ni diligencia no se puede adquirir aunque mucho

procure, aunque disponerse para ello si, y debe de hacer mucho el caso, c. (Lettre au P. Rodrigue Alvarez, février 1576).

* C'est sans doute parce que Sehram « admet le passage régulier et dinaire de la méditation à la contemplation » que Voos, le traducteur

^■amarelli, lui reproche de confondre l'ascétique avec ia mysque. Nous serions tenté de faire à Voos et à plusieuis autres le îeoche contraire, d'élargir beaucoup trop la ligne de démarcation itre ces deux voies, et de n'être pas en cela d'accord avec ies grands ystiques.

* Cf. Saint Jean de la Croix, Montée, 1. II, ch. xn.

* « Dieu est ici le principal agent ; c'est Lui, en effet, qui répand alors crètement et tranquillement dans l'âme la sagesse et la lumière, sans l'il se fasse en elle beaucoup d'actes formulés ou réitérés. » (Saint »an de la Croix, Vice Flamme, strophe III, § 6.)

L ORAISON CONTEMPLATIVE

comme on fait pour l'oraison de discours et, jusqu'à un certain point, pour l'oraison d'affection.

Ce double caractère de la contemplation commune est reconnu par Bossuet : « La méditation est tort bonne en son temps et fort utile au commencement de la vie spirituelle; mais il ne faut pas s'y arrêter, puisque l'âme, par sa fidélité à se mortifier et à se recueillir, reçoit pour Vordinaire une oraison plus pure et plus intime qui consiste dans une simple vue, regard ou attention amoureuse en soi vers quelque objet divin », etc. Ainsi ce n'est pas l'âme qui se donne à elle-même cette oraison, elle la reçoit ; mais elle la r> çoit d'ordinaire, grâce à sa fidélité à se mortifier et à se recueillir. {Opuscule sur l'oraison de simple présence de Dieu, ch. m.)

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