L'UNION A MOI RE USB
particulier », dit saint François de Sales. (Amour de Dieu, vi, 3, 4, 5.) A cette perception de Dieu et des choses divines se joint un amour paisible et doux : « Les amants humains se contentent parfois d'être auprès ou à la vue de la personne qu'ils aiment sans parler à elle et sans discourir à part eux, ni d'elle, ni de ses perfections, rassasiés, ce sembH-, et satisfaits de savourer cette bien-aimée présence, non par aucune considération qu'ils fassent sur icelle, mais par un certain accoisement et repos que 'eur esprit prend en elle. »
Le saint Docteur compare encore cette âme, dont la volonté se repose ainsi en Dieu, à un petit enfant qui, reposant sur le sein de sa mère, à demi endormi, tire doucement et sans presque s'en apercevoir le lait qu'il savoure; ainsi, dit-il, « l'âme étant en repos devant Dieu, suce presque insensiblement la douceur de cette présence, sans discourir, sans opérer et sans faire chose quelconque par aucune de ses facultés, sinon par la seule pointe de la volonté ». C'est donc toujours un sentiment d'amour confus, indistinct, procurant à l'âme une satisfaction intime plus ou moins sensible.
Si l'on ne comprend pas comment l'âme peut éprouver des sentiments mal définis, confus, qu'on se rappelle ces sentiments vagues et indistincts de joie, de tristesse, d'ennui, etc., que chacun connaît pour les avoir ressentis. A la nouvelle d'un événement heureux notre cœur s'est dilaté; d'abord nous avons savouré notre bonheur, puis, d'autres préoccupations étant venues nous distraire, nous avons cessé de penser à ce qui causait notre joie; cependant une satisfaction intime est demeurée, qui a embaumé tout le reste du jour. Au contraire, nous avons subi quelque froissement, quelque peine; la cause de notre chagrin est passée, nous sommes maintenant tout entiers à d'autres affaires, et pourtant. nous restons mornes, mélancoliques : il reste au fond de notre cœur une tristesse, un ennui vague, confus, mais profond et persistant.
20. Il ressort de tout cela que ce qui fait le fond, l'essentiel de la contemplation, c'est une union intime du cœur à Dieu, un»on amoureuse due non point à des considérations précises et raisonnées, mais à une connaissance de Dieu générale et indistincte, véritable don de la bonté divine. Cette union peut persister au milieu des divagations de l'imagination
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et des écarts de l'entendement; elle procure à l'âme un bienvéritable, bien-être qui va parfois jusqu'à d'abondantes délices, et qui, d'autres fois, n'est qu'une satisfaction moins sensible, presque imperceptible, quoique toujours réelle.
Nous dirons plus tard quelles sont les formes accidentelles qui, venant s'ajouter à ce fond commun, constituent certains modes particuliers de contemplation. Mais auparavant, nous chercherons à expliquer la nature de cette union contemplative.