SCENE II
LES MEMES, LEROC.
LEROC.
Madame Françoise, madame Françoise,
J£:?ÏNY.
Ah! mon Dieu , c'est mon père...
LFROC , entrant.
Ah! madame Françoise, je suis bien aise de vous trouver ... Eh bien ! Mademoiselle , que faites-vous ici ? Je vou» ai défendu de paraître au jardin.
JENNY
Il n'y a pas d'autre promenade.
LEROC.
F>h blenl on ne se promène pas, Mademoiselle. Je sais fort bien ce que vous cherchez à la promenade; c'est M. Augnsîe ... Mais je vous ai ordonné de l'oublier, et vous aurex la bonté de m'obeir....
Eh bien ! mon père.... je ne le peux pas... Aussi c'est votre faute... Pourquoi avez-vous d'abord consenti à notre mariage i*
LEROC.
J'y ai consenti, parce que. j'ai cru m'allier à une famille opulente.... M. Brissy me promet dix mille écus de dot , argent comptaiil; tt au moment du contrat.... un dîner superbe.... une corbeille magnifique... de belles paroles, ei rien de plus.
JENNY
Mais son fils...
LEROC.
Son fils sera de même...
Air ; VaudeoUle du Vêtît Courrier,
Je veu-^ qu'on soit loyal et franc ; Si Vvin nous trompe en ses largesse».
Qui nous dira qu'en ses promesses , L'autre n'en fera pas autant ?
FRANÇOISE, se rapprochant,
"" Ab 1 e^est bien différent , j'» sptjre j Son Hls est jeuue , et peut remplir Bie\> des promesses que sou père «
K'est ps eu état de tenir.
LEROC.
Oni, nn jeune fou qui fait des vers, et qui s'avisera peutéire d'ôtre un honime à t aie nj comme son père !
Voyez le grand malheur !
LEROC.
C'est le plus grand de tous. Ce n'est pas ainsi qu'on prospère* Oui, Mademoiselle, mon grand'père , mon père et moi nous avons tous fait notre chemin... Aussi nous n'étions pas des génies , je m'en flatte.
JENNY
Mais , mon père....
LEROC.
Brisons là , mademoiselle Leroc... Je vous en supplie ! tenez, madame Françoise, remettez ce billet à votre maître.... Je ne me soucie pas de le voir; il saura quelles sont mes intentions, et j'espère qu'il voudra bien s'y conformer, st** non j'emploie les voies judiciairei. Serviteur..., Vous, Madcr moiselle , suivez-moi.
Air : La loterie est la chance.
Je sors; mais bientôt j'espère Que nous allons voir punis , Et tous les retards du père , Et Taudace de sou fils.
( ui Frc nçoise. ) ( A Jenny. )
Plus de loyer , plus de ûàme , Et j'entends avec raison , Que l'un sorte de votre âme , Et l'autre de ma maison.