‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 105 sur 192 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

• des cieux(i)«. — » Eh! quoi! pouvaient ré- » pondre les assistants et répondirent en effet ses » disciples, le riche qui fait un pieux et noble > emploi des biens que Dieu lui a départis, qui » accomplit rehgieusement tous les devoirs de » charité, de morale et de vertu, cet homme ne » peut espérer le salut éternel qu'à la condition » de devenir lui-même indigent, de renoncer au » bonheur de faire le bien, et de tendre à son » tour la main de la mendicité à ses frères ! » Et là encore des doutes sérieux devaient envahir Tesprit de ceux qui écoutaient les prédications du nouveau maître.

Devant ces incompréhensibles préceptes, le prophète de notre temps, Fapôtre de Funité du genre humain et de la fraternité universelle, pourrait, employant à son tour la forme sous laquelle s'est produite le Discours magistral de la Montagne, dire aux générations nouvelles :

« Vous savez qu'il a été dit dans l'Évangile : « Je ne suis pas venu pour apporter la paix mais

(l) MaUhieii, cli. XIX, v. 23.

n la guerre entre les hommes, entre les frères et )> dans le sein des familles». Et moi je vous » dis : Que la paix règne dans vos demeures et » que la foi en Dieu ne devienne jamais entre » vous une cause de discorde, de haines et de » luttes fratricides. Yous n'avez qu'un seul père » qui est aux cieux et, puisque, malgré vos er- )) reurs et quoique vous Fadoriez sous des for- » mes diverses, il vous donne à tous, sans ex- » ception, le soleil bienfaisant, Fintelligence, la

• force du corps et de Fesprit, imitez sa misé- » ricorde et sa bonté ; aimez ceux qui recon- » naissent la vérité; aimez ceux qui errent dans B les ténèbres ; ne persécutez personne, ne faites » la guerre à personne pour ses opinions, soit » religieuses, soit politiques, soit morales, et » laissez à Dieu le soin de venger lui-même ses » injures.

» Yous savez qu'il a été dit dans l'Evangile : « Si quelqu'un vient à moi et ne hait point son

• père, sa mère, ses frères et ses sœurs, il n'est » pas digne d'être mon disciple » . Et moi je vous » dis : Servez Dieu avec un inaltérable dévouej) ment; mettez au-dessus de tout votre respect

• pour le père céleste de tous les mortels; mais » ne haïssez pas, pour cela, les auteurs de vos ) jours. Que votre culte ardent pour les choses

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