CHAPITRE XI
• divines n'altère jamais en vous ce culte de la » famille qui est le fondement de la vie sociale, » et sans lequel il n'y a ni vertu publique ni
* vertu privée. Vénérez votre père et votre mère » à régal de Dieu dont ils sont les représentants » et les mandataires au i?ein du foyer domesti- » que, et n'oubliez jamais que le Décalogue a » placé l'amour filial en tête de tous les devoirs » moraux qu'il a prescrits.
» Vous savez qu'il a été dit dans l'Évangile : » Les premiers seront les derniers et les der- » niers seront les premiers » . Et moi je vous dis : » Il n'y a ni premiers ni derniers; vous êtes tous » un en l'Éternel ; vous êtes tous égaux devant » la vie et devant la mort; il n'y a de différence > entre vous que celles qu'y mettent vos passions » et vos intérêts ; il n'y a, dans le royaume des » cieux, d'autres distinctions qu'entre les bons » et les méchants; et, dans l'ordre de la vertu » comme dans celui du vice, tous, quel qu'ait » pu être leur rang ici-bas, sont pesés avec une » égale équité dans les balances de la justice di- » vine.
» Enfin vous savez qu'il a été dit dans FÉvan- » gile : « Les riches n'entreront point dans le « royaume des cieux. » Et moi je vous dis : ne
» nourrissez point contre ceux qui sont plus for- » tunés que vous des sentiments d'envie et d'hos- » tilité ; mais acceptez avec humilité et résigna- » tion la part que Dieu vous a faite dans ce » monde, et croyez que le riche honnête homme, » bienfaisant et vertueux, entrera tout aussi bien » que le pauvre dans le royaume de la vie éter- » nelle pour recevoir la récompense qui lui est » due.
» Et, par-dessus tout, aimez le Dieu unique et > infini, de tout votre cœur et de toute votre » âme ; aimez votre prochain comme vous-même, » qu'il soit juif ou chrétien, chinois ou musulman, ») qa'il soit pour vous ou contre vous, et ne voyez » dans tous les homnies que des frères auxquels » vous devez faire tout ce que vous voudriez » qu'on vous fît à vous-même. »
Ce nouveau discours sur la Montagne ne seraitil pas aussi imposant et aussi juste que celui qui fut prononcé, il y a dix-huit siècles, par le fils de Marie, devant les Hébreux attentifs?