‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 107 sur 192 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Faits postérieurs à la mort de Jésus.— Persistance de Tincrédulité des Juifs. — Déicide MORAL. — Double objection.

Telles ont été la vie, la mort et la doctrine du grand Réformateur qui devait introduire dans le monde une religion nouvelle.

Tous les actes de sa courte carrière, tous ses enseignements ont successivement passé devant nos yeux, en ce qu'ils présentent de plus saisissant et plus décisif. Il nous semble que la justi» fication du peuple juif en ressort plus éclatante que la lumière du jour. Ni le Messie, ni le Dieu ne se sont révélés aux yeux de ce peuple opprimé qui attendait si impatiemment un libérateur. Les Hébreux, en condamnant le fils de Marie, ont été convaincus qu'ils condamnaient un de ces pseudo-messies, dont le nombre fut grand à cette époque, et leur colère s'accrut peut-être de voir leur longue espérance encore une fois dé-

çue. Quant au jugement de Jésus il s'effectua avec toutes les formes prescrites par la loi d'Israël; la sentence était incontestablement conforme aux prescriptions du code sacré. Un dieu seul aurait pu, par une manifestation suprême, arrêter la décision des magistrats et la main des exécuteurs; mais cette manifestation décisive n'eut pas lieu, et les Juifs gardèrent la conviction qu'ils avaient légalement puni en Jésus un homme qui voulait se faire passer pour Dieu, un agitateur qui risquait de compromettre le salut de toute la nation, un révolutionnaire qui aspirait à renverser l'état politique et religieux fondé par l'Éternel lui-même au sein des tonnerres du binai*.

Il importe de remarquer que, depuis son supplice, Jésus ne s'est plus révélé au monde. Aucun événement public postérieur à sa mort, aucun fait surnaturel ne sont venus dessiller les yeux des Hébreux et dissiper l'opinion que les divers actes de sa vie leur avait inspirée. En un mot, le Dieu des chrétiens, après leur avoir refusé, pendant son existence terrestre, les preuves de sa divinité, les a abandonnés à leur involontaire erreur et n'a plus montré de souci de ce peuple d'Israël pour le salut et la délivrance duquel il était cependant descendu

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