‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 111 sur 192 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

» miers jours de ses prédications, et les deux » et la terre passeront avant qu'une seule des » virgules de cette loi disparaisse (') » — Ailleurs, il défend à ses disciples « d'aller vers les Gen- » tils » il leur ordonne de se borner « à ramener « les brebis égarées de la maison d'Israël f). » — Un autre jour, refusant de guérir la fille d'une Cananéenne, il déclare « qu'il ne convient pas » de prendre le pain des enfants et de le jeter » aux chiens (^). » Toute sa vie est d'ailleurs, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, un éclatant hommage rendu à la loi traditionnelle d'Israël. On le voit célébrer religieusement les diverses fêtes du judaïsme, en observer toutes les pratiques cérémonielles; et ce dernier festin, cette cène solennelle où il désigne celui qui doit le trahir, est l'accomplissement scrupuleux, bien que symbolysé, de la iPâques, suivant l'usage antique de la Synagogue. —L'apôtre Paul le glorifie d'avoir toujours été fidèle à la loi de ses pères et d'avoir pratiqué, en tout temps,. les commandements du livre sacré (*).

(1) MaUhieu, ch. V, v. 17 et suiv. — Luc, ch. XVr, v. 17.

(2) Matthieu, cli. X, v. S et suiv.

(3; Matthieu, ch. XV, v. 21 et suiv. —Marc, ch. VII, v. 24 et suiv.

(4) Vaiul^ Epître aux Galates, ch. IV, v. 4. — Voyez sur ces divers points Matthieu, ch. VI, v. 4. — Ch. XXVI, v. 17 et suiv.— Luc, ch. IV, V. 16.

âéÔ LES DÉICIDES.

Ces observations générales que l'on pourrait multiplier, démontrent que Jésus avait, sans doute, l'intention d'introduire une réforme dans le sein du Judaïsme, en y apparaissant comme le Messie rédempteur annoncé par les prophètes, mais que là se bornaient ses aspirations. Nulle part il n'exprime formellement la pensée d'agir sur les autres nations contemporaines pour les amener tout d'abord à sa doctrine. A l'entendre, le Judaïsme devait subsister jusqu'à la fin des siècles dans la pureté de ses principes fondamentaux. D'après ses propres déclarations « il venait l'accomplir , mais il ne voulait pas » l'abolir. »

Cette conviction était, bien davantage encore, celle des onze apôtres. La délivrance d'Israël est, dès l'abord, leur seul but, leur unique préoccupation. Après la condamnation et la mort de Jésus, on les voit inquiets et découragés, saisis d'un doute cruel, s'écrier : « Nous espérions que » ce serait lui qui délivrerait Israël^ et voilà plu- » sieurs jours qu'il est mort 0 » Et lorsque Jésus,

(1, Luc, ch. XXIV, Y. 21.

Page 1