CHAPITRE II
à l'exemple de Jésus, se montrent fidèles observateurs des ordonnances juives. Les Actes nous les font connaître se réunissant chaque jour « dans le Temple^ louant Dieu et se rendant » agréables au peuple (^) » . Nous voyons Pierre et Jean monter pieusement au Temple à l'heure habituelle de la prière (^j. La tradition chrétienne nous a conservé, par la main d'Eusèbe (^), le portrait de Jacques, le frère de Jésus, celui qui, après la mort du maître, devint, à Jérusalem, le chef de la nouvelle ÉgUse. Jacques y est appelé un véritable Juif, voué depuis sa naissance au naziréat, absorbant sa vie dans les pratiques du culte, passant ses journées au Temple, pénétrant avec le grand-prêtre dans le Sanctuaire et observant rehgieusement toutes les prescriptions de la loi.
Seulement les apôtres et leur chef profitaient de la fréquentation du Temple pour prêcher aux Hébreux le Christ sauveur, que Dieu avait envoyé afin de donner à Israël la rémission des péchés (^ ). Le peuple écoutait ces discours; les magis-
« prédit ». Ailleurs il dit encore : « Les Juifs se sont trompés » au sujet du premier avènement du Ssigneur. C'tsi là le seul 9 point en discussion entre eux et nous. » Ch. 1, V. 50.
(1) Luc,cli. XXIV, V. 53. — Actes des Apôtres, ch. Il, v. 48 et suiv. — Ch. V, V. 42.
{"-j) Acte- des \pôtres, ch. I!l, v. 1.
(3j Histoire ecclésiastique, ch. Il, 23.
(4) Actes des Apôtres, ch. 11 passim.
trais et les prêtres les permettaient sans y mettre obstacle. Partout les Juifs saluaient Jacques du titre de « Juste, » de « Rempart d'Israël (^) ». Les apôtres, semblant en effet avoir renoncé à Tidée de la divinité de Jésus pour se borner à celle de sa Messianité, étaient considérés comme une secte sans péril sérieux pour la foi juive; on ne songeait pas plus à les proscrire que les Sadducéens et les Esséniens.
Il faut admirer ici encore la liberté que lePharisaïsme accordait en Israël à la pensée et à la parole. — Pourvu que Ton ne portât point atteinte à la loi fondamentale révélée sur le Sinaï, pourvu que Ton vécût généralement suivant les préceptes du Judaïsme , on avait le droit de prêcher au peuple tout ce que la conscience ou la volonté individuelle inspirait. — Les apôtres purent ainsi librement soutenir que le Messie était arrivé; il ne paraît nulle part dans les Actes que cette opinion généralement repoussée par le peuple, ait créé, dès le début, un schisme entre l'Eglise juive et le Christianisme naissant.
Mais, en même temps, les disciples de Jésus se montraient, on ne saurait trop le remar-
(0 Eusèbe, loc. cit.