‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 114 sur 192 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

quer, scrupuleux observateurs des pratiques cérémonielles ; ils s'indignaient à la pensée de violer quelques-uns des rites et des commandements de la Synagogue. Pierre lui-même, dans une circonstance solennelle, où un centenier, nommé Corneille, touché par la grâce divine, renvoie chercher pour être affdié à la secte chrétienne, Pierre lui-même hésite à avoir des rapports avec un incirconcis et à manger chez lui des mets impurs. Il faut que Dieu, d'après le récit apostolique, lui envoie une vision décisive pour qu'il consente à se souiller ainsi par l'usage de mets prohibés. Mais, lorsqu'il revient à Jérusalem, les fidèles circoncis s'élèvent contre lui et lui disent : « Pourquoi as-tu été chez des hom- » mes incirconcis, et pourquoi as-tu mangé à » leur table? » Pierre s'excuse, raconte sa vision, et tous les frères s'étonnent de ce que Dieu ait aussi accordé aux Gentils le don de pénitence qui mène à la vie(^).

De tous ces faits il résulte que les apôtres prenaient à la lettre la parole du Maître qui leur avait prescrit « de ne pas aller vers les païens, mais » bien vers les brebis égarées de la maison d'Is- » raël ». C'étaient de véritables Israélites dans

(1) Actes des Apôtres, ch. X et XI.

le sens absolu de ce mot. Aucun d'eux n'avait l'intention de rompre avec le Judaïsme; tous leurs efforts tendaient au contraire à lui assurer cette grande victoire depuis si longtemps annoncée par Moïse et par tous les prophètes hébreux.

Cette formule exclusivement juive de la secte chrétienne subsista jusqu'à l'apparition de l'apôtre Paul.

Saûl, disciple de Gamaliel, un des plus célèbres docteurs juifs , fut d'abord parmi les plus violents adversaires de la nouvelle doctrine; il en poursuivit les disciples avec l'ardeur fougueuse qu'il apportait et qu'il apporta jusqu'à ses dernières années en toutes choses, dans ses sympathies comme dans ses haines. Un jour, sur la route de Damas, une soudaine illumination d'en haut s'empare de son âme; il croit entendre une voix divine lui prescrire de servir désormais ce Christ mystérieux dont il avait jusqu'alors persécuté les disciples; converti par cette vision, il devient un des plus fervents apôtres de la nouvelle Eglise, change son nom de Saûl en celui de Paul , donne à la doctrine chrétienne une nouvelle formule et lui assigne un nouveau but qui la transforme complètement (*).

(1) Actes des Apôtres, ch. IX.

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