‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 115 sur 192 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La figure de Tapôtre Paul et la révolution qu'il réalisa dans Tapostolat, méritent d'être étudiées avec quelques détails.

Profondément imbu de Fesprit pratique du Judaïsme, ayant puisé aux leçons d'un des grands docteurs pharisiens le sens éminemment politique qui caractérisait l'enseignement des Pères de la Synagogue, Paul comprit aisément que la nouvelle secte religieuse était frappée de mort si elle restait dans les limites étroites que Jésus avait tracées et que ses apôtres ne voulaient pas franchir.

C'était en effet une utopie que d'espérer convaincre et convertir les Juifs en leur préchant, dans la personne de Jésus, soit l'avènement du Messie, soit la manifestation d'un Dieu nouveau, fils et émanation de l'Éternel.

Cette double croyance devait trouver d'invincibles obstacles chez le peuple Hébreu, dansl'ordre des faits comme dans l'ordre des principes.

L'apparition sur la terre du prétendu Messie

n'avait effectivement rien changé à la situation matérielle des Israélites. Après comme auparavant, ils demeuraient sous la domination étrangère ; le trône de David n'était pas rétabli et Tindépendance nationale n'était pas reconquise. Israël ne pouvait donc pas reconnaître dans le prophète de Nazareth celui qui, d'après les prophéties, devait être son libérateur. La doctrine de Jésus avait créé une nouvelle secte dans le sein du peuple juif, c'est-à-dire un élément de division de plus ; mais les Romains continuaient à être tout-puissants en Judée, et les patriotes hébreux frémissaient impatients sous le joug. Dans ces conditions il était difficile de convaincre les Juifs que l'ère messianique était enfin arrivée.

Dans l'ordre des principes, les Juifs paraissaient bien plus récalcitrants encore. Us avaient impitoyablement condamné Jésus , parce qu'il s'était proclamé Dieu et qu'il n'avait pu ou n'avait pas voulu leur donner des preuves décisives de sa divinité. Depuis sa mort aucun fait visible, positif, public surtout, n'était venu étabhr ce caractère divin et révéler le signe surnaturel si vainement sollicité du Maître des Évangiles pendant sa vie. Les Juifs n'avaient donc aucun motif pour renoncer à ce dogme de l'unité absolue qui faisait le fondement essentiel et la force du Mo-

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