‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 122 sur 192 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

tour à la tradition judaïque. Il avait, disait-il , reçu directement la révélation de Jésus-Christ; TMiivant ses singulières expressions « il était » mort à la loi par la loi même ; il avait été » crucifié en Jésus pour ressusciter en Dieu ; et » s'il rétablissait de nouveau ce qu'il avait dé- » truit, il serait lui-même prévaricateur (^). » 11 déclara qu'il ne céderait point ; qu'il refusait de s'assujettir à ce qu'on exigeait de lui {^); qu'il avait le droit de prêcher l'Évangile aux incirconcis et qu'il poursuivrait son apostolat. Il exposa surtout que l'obliger à modifier sa doctrine, ce serait perdre le fruit de tout ce qu'il avait fait jusqu'alors et compromettre tout ce qu'il pourrait faire encore (^).

Les résultats obtenus par Paul étaient en effet considérables. Un grand nombre de Gentils s'étaient affiliés au Paullnisme , dont les larges théories avaient agrandi l'horizon étroit des apôtres de Jérusalem. L'Eglise naissante voyait arriver à elle de tous côtés « des enfants que le » le Judaïsme n'avait point portés dans ses » flancs. » Il y aurait eu une singulière impru-

(1) Epître aux Galates, ch. H, v. 18 et 19.

(2) Epître aux Galates, cli. U, v. 4 et 5.

(3) Epître aux Galates, cli. II, v. 2.

dence à arrêter ce mouvement de prosélytisme. Un pas décisif était franchi : les païens consentaient à reconnaître et à accepter Jésus- Christ et, indirectement par lui, le Dieu et la foi d'Israël. Us devenaient ainsi « les prosélytes de » la porte » sauf à parvenir plus tard au degré supérieur « de prosélytes de la justice »> et à se i^oumettre peu à peu aux commandements des livres sacrés. Était-il d'une sage poh tique de fermer violemment devant eux la porte qu'entrouvrait la main tolérante de Paul? Devait-on désorganiser et dissoudre les églises qui s'étaient fondées dans la Syrie, l'Asie Mineure et la Grèce, à la voix de l'infatigable apôtre?

Ces considérations donnèrent naissance à un compromis par lequel, sans rien céder de part ni d'autre sur le terrain des principes, on se permit mutuellement d'agir par des moyens différents pour le plus grand succès de l'œuvre nouvelle. Paul conserva la mission de prêcher l'Évangile aux incirconcis, comme Pierre celle de le prêcher aux circoncis (^)dans l'observance complète de la loi de Moïse. Les apôtres n'obligèrent point Tite, le disciple aimé de Paul, à subir la circoncision, et les deux partis, Jacques, Pierre et Jean

(1) Epître aux Galates, cli. IF, v. 7 et 8.

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