CHAPITRE m. 2G
solennelle du Paulinisme par le chef de FÉglise naissante, proclamant que l'obéissance absolue à toutes les prescriptions de la loi juive était le seul moyen d'assurer le salut.
Mais Paul n'était pas homme à se soumettre aisément. On a vu qu'il se glorifie d'avoir résisté eu face à Pierre, le premier des Douze. Son Epître aux Galates avait même osé infliger un blâme public à celui "que Jésus-Christ avait choisi pour être la pierre angulaire de l'EgHse future. Il continua ses prédications contre la loi, et les apôtres de Jérusalem, de nouveau émus, organisèrent, pour combattre le trop audacieux novateur, une contre-mission, dont les Epîtres aux Corinthiens nous ont conservé la preuve.
C'est à Corinthe , une des plus importantes communautés fondées par Paul , qu'éclata cette fois la lutte dont la doctrine de l'Apôtre des Gentils fut la cause. Il paraît certain, par les indications de la seconde de ces Épîtres mémora-
bles, que des mandataires envoyés de Jérusalem et porteurs de lettres de recommandation importantes (*), étaient arrivés à Corinthe, avaient énergiquement blâmé les principes professés par Paul et y avaient formé un parti redoutable que Paul lui-même désigne sous le nom de « parti de » Pierre (2).» Comme à Antioche, ce parti était essentiellement judaïsant ; il déclarait qu'on ne pouvait être sauvé qu'à la condition de se soumettre à toutes les pratiques du Judaïsme. De plus, et pour mieux combattre les tendances extra-légales du Paulinisme, les envoyés de l'église de Jérusalem portèrent la question sur un terrain plus délicat: ils nièrent que Paul eût reçu de qui que ce fût le droit de prêcher l'Évangile et s'efforcèrent de détruire ainsi par la base même l'autorité de son pouvoir. On sent toute la gravité du débat à la vivacité avec laquelle Paul se défend à cet égard ; il établit qu'il ne tient sa mission que de Jésus-Christ ; qu'il a vu personnellement le Dieu-Homme ; qu'il est libre, qu'il est apôtre à l'égal des autres ; qu'il n'a de compte à rendre à personne de ses paroles ni de ses actions j^). Ailleurs il déclare avec hauteur qu'il
(1) II. Epître aux Corinthiens, cli. III, v. 1 et suiv.
(2) I. Corinthiens, ch. 1, v. 12.
(3) I. Corinthiens, ch. IX, v. l.—Ch. XV, v. 8.-11. Corinthiens, ch. V, V. 13. — Ch. XII, V. i et suiv.