CHAPITRE III
Et d'ailleurs loin de s'améliorer, la situation de la Judée s'aggravait chaque jour. L'heure venait de cette lutte suprême où Jérusalem, la cité de David allait tomber sous les armes des incirconcis. Quel était donc ce Christ qui, envoyé pour sauver Israël, le laissait plus opprimé, plus malheureux, plus menacé qu'auparavant? Quels étaient ces apôtres, ces prétendus missionnaires du Dieu sauveur, qui n'avaient aucune puissance pour briser le joug des Romains et délivrer la ville sainte?
Toutes ces circonstances , loin de démontrer aux Juifs la divinité de l'Évangile, soulevaient, au contraire , parmi eux une plus vive opposition.
Aussi impuissants à arrêter le mouvement expansif des doctrines chrétiennes , absorbés dans leurs derniers efforts pour défendre leur nationalité expirante, ils restèrent étrangers aux incidents qui caractérisèrent les progrès successifs du Paulinisme, nom beaucoup mieux approprié que celui de Christianisme aux principes de la foi nouvelle ; ils se tinrent à l'écart, luttant avec héroïsme contre les envahisseurs de leur patrie et attendant toujours , avec un inaltérable espoir, l'avènement d'un rédempteur.