‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 130 sur 192 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Paul et Pierre à Rome. — Leurs prédications. —Leur supplice. —•La Religion et l'État. — Coup d'œil sur la société romaine.

— L'esclavage. — La conquête. — Domination des armées.

— Les Prétoriens. — Exagération des dépenses publiques. —Jeux populaires. — Luxe privé.— Le fisc. —Dépopulation des villes. —Abandon des travaux rustiques. —Misère générale—Puissance des esclaves et des affranchis.— Désordre religieux et moral. — L'école d'Alexandrie. — Moyens employés par les apôtres pour atteindre leur but. — Sociétés secrètes.— Transactions philosophiques. — Influence dans l'intérieur des familles.

La logique des choses et l'intérêt de son avenir poussèrent bientôt le Christianisme dans les voies que Paul lui avait ouvertes et contre lesquelles les apôtres avaient si impoHtiquement réagi dès Fabord.

Bientôt, en effet, il fut démontré pour les chefs de la nouvelle Eglise, que le disciple de Gamaliel avait eu raison de se lancer hardiment au miUeu des populations païennes , sans s'occuper davantage de la conversion des Juifs;

qu'il était dans la vérité en cherchant à attirer les Gentils par d'habiles concessions.

Les Juifs se montraient plus rebelles que jamais à la doctrine de FEvangile à mesure que ses conséquences naturelles se développaient, aboutissant nécessairement à l'abandon de la loi de Moïse et des principes les plus essentiels de là révélation du Sinaï. Les apôtres se convainquirent aisément du peu de progrès que leur secte faisait au sein du peuple hébreu.

Dans ces conditions, si le Christianisme s'était concentré en Judée, il se serait fprobablement éteint sans bruit et sans résultat, à la chute de Jérusalem, comme les autres sectes juives, telles que les Essenéens avec qui il avait tant d'affinités, et les Sadducéens, dont il n'est plus resté de traces.

Les apôtres trouvaient d'ailleurs, grâce à l'infatigable dévouement de Paul, des éghses partout organisées, de vigoureuses associations établies et, dans les régions les plus importantes du monde romain, des liens puissants unissant les nouveaux fidèles. Ils n'hésitèrent pas davantage.

Cette première phase du Christianisme est curieuse à étudier, car elle montre par quels moyens , par quelles combinaisons politiques se

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