‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 131 sur 192 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

fondent et se développent les révolutions sociales et religieuses.

Paul avait été transféré à Rome où, d'après les Actes des Apôtres, il recouvra aussitôt sa liberté et put sans entrave prêcher sa doctrine. Il y avait à Rome une nombreuse colonie juive qui y était établie depuis longtemps. Paul entreprit sa conversion. Quoique, d'après les Actes, il ait rencontré parmi les Juifs de Rome une incrédulité à peu près générale lorsqu'il leur parlait de Jésus, de son caractère messianique et de sa divinité, cependant on ne peut se dissimuler qu'il agit vivement sur leur esprit ; il agit bien davantage encore sur celui des Romains qui considéraient déjà avec une curiosité ardente ces Juifs dont la doctrine commençait à remuer le monde.

Paul, grâce à son intelligence supérieure, reconnut bientôt que la capitale du monde romain était le véritable point où devaient se diriger toutes les forces du prosélytisme chrétien. Qui aurait Rome aurait la domination universelle. Avoir Rome devint désormais son seul but et son unique préoccupation. 11 renonce aux autres centres de son premier apostolat; il ne songe plus à visiter les églises de la Grèce et de l'Asie-

Mineure ; il se fixe à Rome et y concentre tout son effort.

Mais il ne fallait pas s'exposer, au foyer de Tempire des Césars, à montrer FÉglise naissante divisée dans ses chefs et par son enseignement. Il faut croire que Paul , par ses correspondances secrètes avec les autres apôtres, leur fit comprendre la grandeur et l'importance du but qu'il poursuivait et qu'il les amena enfin à son habile système ; nous voyons, en effet, Pierre quitter à son tour la Judée et accourir à Rome pour se joindre, cette fois sans contestation et sans réserve, à l'adroit apôtre des Gentils. Pierre était désormais converti à l'idée paulinienne, dont la justesse devenait chaque jour plus manifeste ; il n'hésite plus, dans ses Épîtres, à recommander aux fidèles la doctrine de Paul( ^ ) ; « mal- » gré les passages difficiles et obscurs qui se trou- » vent dans ses lettres, Paul mérite, dit-il, d'être » respecté à l'égal des prophètes et des apô- » très. »

Et les deux chefs de l'apostolat, maintenant réunis dans une même pensée, d'accord sur la route qu'ils doivent suivre, attaquent, au cœur même de l'empire, le polythéisme antique, cer-

(1) Epîtres de saint Pierre, 2« Epître, cli. UI, v. 15.

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