CHAPITRE IV
peu dans la philosophie alexandrine les idées mystiques de certaines sectes orientales combinées avec l'esprit monothéiste du Judaïsme. Il s'était opéré ainsi, sur le terrain neutre de la grande cité égyptienne, une sorte de rapprochement entre les croyances unitaires et polythéistes, et l'école d'Alexandrie s'était visiblement éloignée de l'idolâtrie mythologique pour se rattacher à des dogmes plus élevés. La notion du Dieu-Esprit se dégage avec éclat de ses recherches philosophiques. On la voit placer la foi au-dessus de la science et reconnaître comme source de l'inteUigence humaine la révélation. Elle admet l'union de l'âme humaine avec l'être universel ; enfin , elle réduit elle-même , avec Platon, à une hypostasie trinitaire, la puissance divine créatrice de la terre et des cieux.
Sous l'influence de ces nouvelles doctrines, les anciennes reMgions étaient frappées au cœur et le flot montant du scepticisme envahissait chaque jour les autels des dieux de l'Olympe.
D'un autre côté, le spiritualisme dommait de plus en plus la société morale. — Le monde se lassait du matérialisme des cultes païens. — Ces
historiens ; on cite surtout Pliilon, dont on disait: « ou Pliilon » platonise ou Platon pliiionise. »
dieux faits de chair et de boue, ces divinités aux passions orageuses, sujets à toutes les infirmités humaines, recevant des blessures qu'il fallait un médecin pour guérir, commençaient à n'exciter plus que son dédain et son mépris. Par une réaction naturelle dans l'histoire de l'esprit humain, l'excès même du sensualisme païen, aboutissant au dégoût, ramenait toutes les âmes à l'amour et au respect des idées spiritualistes.
Nous esquissons ici à grands traits le tableau de la société romaine. On voit à quel point elle était préparée pour le triomphe de l'œuvre que le Christianisme naissant voulait accomphr, et combien était facile, entre les mains d'hommes habiles, la transformation d'un ordre politique et moral si compromis et si affaibli déjà , dans tous ses éléments essentiels.
Quand on se rappelle que Paul vint à Rome le premier parmi les disciples de Jésus, Paul, l'apôtre intelligent qui avait si bien compris les vraies conditions de succès du Christia-