‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 141 sur 192 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

laient tristement la tête, protestant contre les infamies de ce siècle perdu.

C'est parmi ces autres victimes du matérialisme et de l'iniquité, c'est parmi ces douleurs du foyer domestique que les apôtres du Christianisme cherchèrent et trouvèrent leur point d'appui le plus puissant. Lorsqu'ils prêchèrent, la Bible et l'Évangile en mains, la sainteté du lien conjugal, le respect des parents, la pureté des mœurs, ils eurent pour eux toutes les femmes de la cité romaine. C'est par elles qu'ils exercèrent peu à peu dans l'intérieur de la famille une influence irrésistible; c'est par elles qu'ils attirèrent à eux les maris et les fils, entraînés à l'exemple de leurs mères, de leurs épouses et de leurs sœurs.

Et tandis que cette action de chaque jour et de chaque minute se produisait dans toutes les maisons, les affranchis agissaient à leur tour sur l'esprit des empereurs. Ceux-ci, effrayés des progrès de la secte nouvelle, épouvantés de la dépopulation des villes et des champs, firent, mais trop tard, ce que font tous les gouvernements en décadence pour conserver le pouvoir qui leur échappe. Ils prononcèrent ces mots de liberté, d'égalité, de devoir, de réforme

politique et morale, qui avaient été, entre les mains des persécutés de l'Église naissante, un si visible instrument de succès (*). Ils se firent chrétiens pour retenir à eux un peuple soulevé qui, dans son désespoir, invoquait la mort de Tempire et appelait à grands cris les barbares H.

il est inutile de chercher des raisons surnaturelles pour expliquer le triomphe du Christianisme dans l'empire des Césars. Les causes que nous venons d'analyser sont assez évidentes ; elles montrent par quel enchaînement de faits politiques et moraux, habilement exploités, le Christianisme a envahi et conquis le monde romain et est devenu, grâce à sa victoire au centre même de l'empire, le catholicisme, c'està-dire le dominateur universel.

(1) Voir sur ce point Constant. Cod. Théod., liv. I, tit. 7, loi l^e. Gratien et Honorius, organisèrent des assemblées publiques pour discuter les intérêts populaires (lois de 382 Sive Integra, et de 418. Cod. Tliéod., liv. Xli, titre 12).

(2) Mamertin inpanegyri. Juliam. - Salvien de Providentiâ, V.

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