‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 146 sur 192 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

hérésies résultaient aussi de la lutte de l'esprit ancien contre l'esprit nouveau, du mélange naturel, inévitable^ des idées païennes mal combinées avec les principes chrétiens; elles s'appuyaient enfin sur l'opposition des Juifs qui, interprétant dans un sens différent les saintes Écritures et conservant la tradition hébraïque dans sa pureté, fournissaient aux hérétiques des armes terribles pour attaquer le Christianisme, Enfin, au-dessus de tous les éléments de lutte et de schisme, planaient l'amour et l'attrait du supernaturaHsme; une masse d'adhérents se raUiait autour de tout imposteur habile qui, abusant de la crédulité publique, se prétendait doué du don de miracles et se présentait comme étant, dès lors, aussi bien que les apôtres, le mandataire et le révélateur de la volonté de Dieu.

Parmi ces sectaires, on remarque, dès les premiers jours du Christianisme, les Ébionites, qui niaient la filiation divine de Jésus, se déclaraient disciples de saint Pierre contre les adeptes de saint Paul et soutenaient la nécessité des observances légales prescrites par la loi hébraïque ; — les Cé- RiNTHiENs professant une sorte d'incarnation de l'esprit du Christ dans un homme réel appelé Jésus.

On remarque encore Saturnin et Basilide enseignant que le Dieu des Juifs n'était qu'un ange de dernier ordre qui, ayant voulu soumettre les nations, avait excité contre lui tous les princes, jusqu'au jour où le Dieu souverain avait envoyé Nous, son premier né, pour délivrer le genre humain du pouvoir des anges inférieurs. Ce Nous avait été nommé Jésus sur la terre ; ce n'est pas lui qui avait été crucifié par les Juifs, mais bien un nommé Simon, auquel il avait donné sa forme pour tromper ses bourreaux; d'où la conclusion qu'il ne fallait ni confesser, ni adorer le Crucifié. — Basilide enseignait aussi la métempsycose et déclarait que, loin de combattre les passions, il fallait s'y abandonner sans réserve.

Ce sont encore les Gnostiques qui, tout en se soumettant à Jésus-Christ, ne reconnaissaient en lui qu'un homme né comme tous les autres, et distingué seulement par sa vertu ; ils proclamaient que, pour arriver à Dieu, il fallait avoir accompli toutes les œuvres du monde, et se livraient, dans leurs hideuses agapes, aux plus monstrueux débordements.

Ce sont les Valeistiniens, mélange bizarre et incohérent des Gnostiques et des adeptes de Sa-

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