CHAPITRE V
turnin, qui créaient toute une théogonie extravagante avec des lambeaux empruntés à Platon et aux mystiques chrétiens.
Ce sont les Sethiens, qui prétendaient que Jésus n'était que Seth ressuscité ; les Caïnites, qui prenaient comme Dieux Caïn, Coré et Abiron ; les Ophites, qui affirmaient que la sagesse s'est faite serpent et adoraient Jésus-Christ sous une forme de reptile.
Ce fut encore Marcion qui admettait deux principes également puissants : le bon et le mauvais; qui professait bien Jésus comme étant le sauveur des païens, mais non pas le Messie promis par le Dieu des Juifs.
Ce fut Montanus, qui s'établit de sa propre autorité prophète, thaumaturge et Messie ; hérésie si redoutable qu'il fallut l'intervention et les efforts énergiques de plusieurs évêques, pour arrêter l'entraînement des fidèles séduits par les prophéties du prétendu voyant.
Ce fut Tatien qui^ malgré ses prédications en faveur du Christianisme, niait la fihation légitime et directe de David et Jésus.
A cette même époque, on assiste à de grandes
3l8 LES DEICIDES.
discussions publiques entre les adeptes du Christianisme et leurs adversaires. C'est ainsi que, sous Septime Sévère, Tertullien nous révèle une vive dispute religieuse entre un chrétien et un juif prosélyte, laquelle avait duré une journée entière en présence de plusieurs personnes de Tune et de l'autre religion. — Du temps de Caracalla, il est question d'une controverse célèbre entre un nommé Proclus, partisan de l'hérésie montaniste, et Gaïus, défenseur du principe chrétien.— Minutius Félix fait le récit très-circonstancié d'une discussion approfondie, dont il fut témoin, entre un païen et un chrétien sur la vérité de la nouvelle reHgion.
La résistance des esprits et la lutte des convictions étaient donc ardentes de tous les côtés. Les jurisconsultes les plus respectés, Sabin, Ulpien, Paul, Africain, Modestin, etc., condamnaient en même temps la doctrine chrétienne au nom de ce vieux droit romain dont les principes sont restés encore vivaces dans la plupart des législations civiles des peuples modernes.
A ces luttes de principes dogmatiques se joignaient des luttes d'ambitions personnelles. C'étaient, comme nous l'avons dit, d'habiles impos-