CHAPITRE y
teurs qui se faisaient passer pour prophètes et faiseurs de miracles ; c'étaient aussi des prêtres ambitieux, comme Novatien et Fortunat, qui, aspirant au pouvoir suprême dans l'Église, éleyaient autel contre autel.
L'hérésie de Paul de Samosate agita vivement à cette époque tout l'Éghse entière ; elle consistait à soutenir que Jésus-Christ était né homme; qu'il tenait de Marie le commencement de son être, mais que d'homme il était devenu Dieu. — Paul de Samosate était évêque d'Antioche, c'est dire à quel point le doute envahissait les plus hauts rangs de la hiérarchie ecclésiastique. — Les deux conciles d'Antioche eurent pour objet de combattre cette hérésie.
A mesure qu'on avance, les doctrines contraires à l'Église s'élargissent et prennent un plus grave caractère. Yoici le Manichéisme qui, reconnaissant deux principes contraires dans le gouvernement du monde, renverse ^tout le système de l'Ancien et du Nouveau Testament, tandis que son fondateur Manès, entouré, comme Jésus, de ses douze disciples, se déclare le chef des apôtres et presqu'un nouveau Christ.
L'arianisme, dont le nom et l'influence ne sont
pas encore effacés aujourd'hui, ne tarda pas à éclatera son tour. La doctrine d'Arius, son fondateur, prêtre d'Alexandrie, se résume dans la négation absolue de la divinité de' Jésus; il n'admettait pas qu'il put y avoir unité dans la Trinité et que le fils, étant une émanation du père, pût être de même nature divine et éternelle que ce dernier.
C'était attaquer le Christianisme par sa base ; c'était annuler la transaction faite avec le paganisme, pour remonter, sauf des détails qui ne touchaient pas au principe essentiel, à la doctrine unitaire du judaïsme.
L'Eglise se sentit perdue si cette hérésie, qui prit en peu de temps un développement immense, venait à triompher. Forte de l'appui de Constantin, qui ne devait pas tarder à assurer, par sa conversion le gouvernement spiritu^ du monde romain au Christianisme, elle agit contre les Ariens avec une violence extrême. Pour la première fois elle convoqua un concile œcuménique c'est-à dire universel, composé des représentants de toutes les EgUses, avec mission de juger et de condamner solennellement l'hérésie d'Arius. Ce concile fameux fut tenu à Nicée (an o2S).
On connaît l'importance de ce concile, qui fixa