‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 153 sur 192 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

monde juif, elle est à peu près nulle, si Ton s'en rapporte au récit même des Jetés des Apôtres, On les accueille, sans opposition, dans le Temple; on écoute, sans sympathie, mais sans colère, leurs prédications ; quelquefois, il est vrai, lorsque leurs paroles et leurs actes menacent de troubler l'ordre public, lorsqu'ils veulent prêcher ouvertement le communisme et la rébellion, les magistrats interviennent et punissent ces excès accidentels. Mais, en général, on les tolère à l'égal des autres sectes juives.

Si l'œuvre chrétienne était restée confiée aux premiers apôtres, leur impuissance ou leur insuffisance l'aurait certainement fait échouer. Leur secte, concentrée à Jérusalem, y eût péri lors de la destruction du temple, comme celle des Sadducéens et des Esséniens. Localisée dans la ville sainte, elle aurait été étouffée sous ses débris.

Heureusement pour elle, un concours de circonstances inespérées lui amena un de ces hommes énergiques, intelligents, adroits, en qui s'incarnent parfois l'esprit et la direction de toute une époque. Saint Paul fut le grand diplomate et le véritable organisateur du Christianisme

qui, sans lui, se serait éteint dans Tinertie des premiers apôtres.

Son génie diplomatique lui fit comprendre que l'avenir de la foi nouvelle était en dehors de la Judée. Il se rappela le mot profond de Jésus : « Nul n'est prophète en son pays, « et il partit spontanément pour attirer les Gentils au Judaïsme transformé.

On a vu à quel point les événements secondèrent son entreprise.

Le monde, fatigué de la mythologie païenne, était prêt pour une nouvelle religion. La philosophie montrait, depuis longtemps, une vague aspiration vers les vérités supérieures du spiritualisme et de l'unité de Dieu; mais les croyances polythéistes ne pouvaient s'effacer tout à coup devant l'extrême simplicité du monothéisme juif. Entre les deux doctrines s'ouvrait un abîme; il fallait y jeter un pont. Le PauKnisme fut le moyen par lequel la nouvelle foi se fit accepter des nations étrangères.

Pour complaire aux Gentils et les attirer à lui, Paul abandonna, sans hésiter, tout ce qu'il y avait

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