‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 154 sur 192 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

de gênant et d'absolu dans le Judaïsme. « Croyez » au Christ, disait-il aux païens; croyez à » THomme-Dieu venu sur la terre et mort pour » racheter l'humanité ; croyez à celui qui vous » proclame tous libres et égaux, et ne vous « préoccupez d'aucune forme ni d'aucune ob- » servance de culte. » Toute la doctrine de Paul, doctrine facile et habile en même temps, se résume en ces mots : « la foi sans^^^les œuvres. »

Ce n'était plus l'enseignement de Jésus et de ses disciples immédiats. On se rappelle le trouble que la connaissance des nouvelles idées de Paul jeta parmi les chefs de l'Église de Jérusalem. — Deux fois mandé parles apôtres et par Jacques, le frère de Jésus, pour expliquer sa conduite, le^fougueux évangéhsateur des Gentils fut deux fois condamné ; à diverses reprises on envoya aux Ëghses qu'il avait fondées des émissaires chargés de protester contre sa doctrine.

Cette période, qui nous conduit jusqu'au mi- Heu du premier siècle de l'ère chrétienne, est donc marquée par des dissentiments graves entre les propagateurs de la nouvelle rehgion ; ils^ ne Jsont^ d'accord ni sur le but ni sur les moyens. Partout éclatent parmi eux les tâtonne-

ments, les rivalités et les passions contraires, caractéristiques des entreprises humaines.

Mais Jérusalem succombe. Révolutionnaires ou conservateurs, pauliniens ou judaïsants, les apôtres et leurs adhérents sont lancés au sein du monde romain, en face d un Empire qui se dissout de toutes parts et que sa gigantesque centralisation elle-même compromet et condamne. Ils y trouvent un nombre considérable d'associations secrètes organisées par Paul et Pierre unis, avant leur mort, dans un but commun. Ils voient devant eux une société atteinte d'un mal incurable, des masses d'esclaves aspirant à la liberté; des rhéteurs sceptiques démolissant tout le vieil édifice des croyances religieuses et des principes sociaux; des philosophes cherchant, dans les théories spirituaHstes et même mystiques, un refuge contre le matériahsme abject du paganisme.

Les directeurs du mouvement chrétien profitèrent, avec une admirable habileté, de tous ces éléments, si favorables au succès de leur œuvre. Ils transigèrent avec la philosophie sur le terrain de l'unité trinitaire; avec le polythéisme, sur le terrain de l'incarnation du fils de Dieu.

En même temps ils concentrèrent tous leurs

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