‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 160 sur 192 · CHAPITRE V,I · texte numérisé non relu

CHAPITRE V,I

vingt fois réitérés, a pu douter des promesses divines, outrager le saint de Jacob et blasphémer contre TÉternel, cette génération est impitoyablement condamnée ; elle périra dans le désert, au milieu des labeurs, des fatigues, des combats et des épreuves de toute nature. Mais les fils, innocents du crime de leurs pères, ne subiront pas les effets de cette sentence effrayante ; ils entreront dans la terre promise, et ils s'abreuveront à ces ruisseaux de lait et de miel qui sont refusés à leurs pères.

Ici, au contraire, quand il s'agit de la condamnation du Christ, tous les sentiments de justice semblent bouleversés. Les auteurs de la sentence de mort, les véritables coupables, s'il en existe, sont épargnés et ce sont leurs fils, qui, au bout d'un siècle, arrachés à leur patrie, dispersés parmi les nations, honnis, persécutés, en butte à la haine, au mépris et aux violences des gouvernements et des peuples, deviennent les victimes expiatoires d'un crime qu'ils n'ont pas commis !

Non, la condamnation des fils d'Israël pour le péché hypothétique de leurs pères, la longue persécution qui aurait fait de tous les peuples de la terre les exécuteurs des hautes œuvres de la Providence, n'ont certainement pas leur cause

dans la malédiction de ce Dieu, clément et miséricordieux, qui ne se manifeste aux mortels que par ses inépuisables bienfaits.

Nous mêlons trop souvent, son nom sacré à nos faiblesses et à nos passions; nous en faisons volontiers le complice de nos haines et de notre fanatisme; nous osons même justifier nos forfaits , en affectant de les commettre « pour la » plus grande gloire de Dieu. » Non! Dieu n'est pas solidaire de ces actes impies, de ces guerres sanglantes, de ces réciproques anathèmes dont la religion est le prétexte mensonger. Toutes ces luttes fratricides sont en abomination aux yeux de l'Eternel. Le Grand, le Tout-Puissant, l'Infini n'a pas besoin de nos bras et de nos armes pour venger sa majesté outragée; il n'a pas besoin de transformer en bourreaux les enfants de la terre, de susciter l'inimitié entre les frères, de semer la discorde parmi les hommes, pour punir ceux qui ont violé ses saintes lois.

Hélas ! nous ne réfléchissons pas que c'est façonner Dieu à notre usage, c'est l'abaisser à notre niveau, que de lui attribuer l'inspiration de nos fureurs anti-fraternelles ! Non ! la guerre ne vient pas de Dieu ! Non ! le fanatisme ne vient pas de Dieu! Non! la persécution ne vient pas de Dieu! Depuis le commencement des âges, il souffre que l'homme , sous l'influence de sa liberté , se

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