‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 21 sur 192 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

» Celui qui violera le moindre de ses comman- » déments et qui apprendra aux hommes à les vio- » 1er, sera regardé comme le dernier dans le » royaume des cieux. Ne croyez pas que je sois » venu détruire la loi ou les prophètes ; je ne suis » pas venu les détruire, mais les accomplir (^).

Les Juifs retrouvaient dans ces déclarations renseignement permanent des grands docteurs et des prophètes dlsraël ; ils écoutaient attentivement le nouveau Rabbi, et le saluaient partout de ce titre respecté.

Cependant la réputation naissante de Jésus ne produisit pas dans sa patrie même une profonde impression. Les habitants de Nazareth, qui connaissaient intimement sa famille et ses précédents, n'étaient pas très disposés avoir un prophète, encore moins un Messie dans le fils du charpentier qui avait passé, au milieu d'eux, sans incidents significatifs, son enfance et sa jeunesse. Ils se montraient généralement sceptiques sur sa prétendue mission et sur ses vertus surnaturelles, et même ses prétentions au don de pro-

(1) Nolite putare quoniam veni solvere legem aut prophetas ; non veni solvere sed adimplere. — Amen quippe dico vobis, donec transeat cœlum et terra, iota unum, aut unus apex non praeteribit à lege... Qui ergo solverit unum de raandatis istis minimis, et docuerit sic liomines, minimus vocabitur in regno cœlorum. — Matthieu, V, v. 17, 18 ell9.

phétie les scandalisaient. Aussi Jésus s'éloignat-il bientôt de Nazareth, disant : « Un prophète » n'est sans honneur que dans son pays et dans » sa maison. » Et, ajoute l'Évangile : « il ne fit » pas là beaucoup de miracles à cause de leur in- » crédulité (^). »

Cependant sa renommée se développait et se répandait au loin. On disait qu'il opérait des prodiges et surtout qu'il guérissait les malades et délivrait les possédés. On racontait à ce sujet un grand nombre de faits merveilleux qui faisaient accourir sur ses pas, dans l'espoir d'une prompte guérison, une foule de gens infirmes. Il importe de caractériser ici le genre d'influence que pouvait exercer sur l'imagination ou sur la foi du peuple, le pouvoir de guérir que Jésus, d'après les Évangiles, possédait à un si haut degré.

Ce n'était ni chose nouvelle ni chose étrange

(i) Et veniens in patriam suam, docebat eos in synagogis eorum ita ut mirarentur et dicerent : <• Unde liuic sapientia hœc etvirtutes. Nonne hic est fabri filius^ Nonne mater ejus d icitur Maria et fratres ejus Jacobus, et Josepb et Simon et Judas? Et sorores ejus nonne apud nos omnes sunt? ~ Et scandalizahantur in eo. Jésus autem dixit eis : Non est propheta sine honore nisi in patriâ sua et in domo suâ. Et non fecit ibi virtutes multas, propter mcredw/tï^^em illorum. —Matthieu, ch. XIII, V. 54 à 58.

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