‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 22 sur 192 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

parmi les Juifs que devoir des hommes inspirés de Dieu, guérir les maladies humaines par des moyens inconnus ou inexplicables. Les annales hébraïques sont pleines de faits qui semblent indiquer chez quelques hommes privilégiés la faculté miraculeuse de disposer à leur gré de la mort et de la vie. L'histoire des grands prophètes juifs est particulièrement caractérisée par des actes de cette nature; mais pour aucun ils ne sont plus nombreux et plus éclatants que pour Élie et pour ËUsée. L'histoire d'Éhsée surtout, par la multiphcité et par la nature des miracles accompHs, a une ressemblance très- grande avec celle de Jésus. Élie et Ehsée ressuscitent deux fois des morts déjà ensevehs (\); l'un auprès de la veuve de Sarepta (^), l'autre auprès de la femme Sulamite (^), multipHent de la farine, de l'huile et d'autres objets propres à servir de nourriture. Lorsque la famine règne à Guilgal, Elisée nourrit tout le peuple avec une seule marmite dépotage et vingt pains d'orge, « et tout le » monde en mangea, dit le texte, et il en resta » encore ( * ) . » Il guérit Naaman le lépreux ( ^ ) et un

(1) Rois, I, ch. XVn, V. 17 et suiv. —Rois, II, ch. ÎV, v. 31 et suiv.

(2) Rois, I, ch. XVn, v. 12 et suiv.

(3) Rois, II, cil, IV, V. 1 et suiv.

(4) Rois, II, ibid., v. 40 et suiv.

(5) Rois, 11, ch. V.

grand nombre d'autres malades ; enfin sa vertu merveilleuse était si grande, qu'un mort qu'on ensevelissait ayant été jeté par mégarde dans le sépulcre d'Elisée, se leva aussitôt sur ses pieds au contact des os du prophète, et revint à la vie (^). La légende juive abonde en récits analogues, témoignant de la sainteté de certains « hommes de Dieu, » comme on appelait les prophètes, et de la faveur avec laquelle l'Éternel écoutait leurs prières lorsqu'ils intercédaient pour le peuple ou pour les individus.

A l'époque de Jésus, il existait en Israël une nouvelle classe de faiseurs de miracles qui, sans être prophètes , accomplissaient cependant, disait-on, des actes surnaturels par la vertu toute puissante du Nom Ineffable. C'étaient des thaumaturges, des adeptes des sciences occultes dont la kabbale, si vénérée dans la Synagogue ancienne, était une des formes les plus répandues. La tradition a conservé le souvenir de divers magiciens qui, dit-on, étaient contemporains de Jésus ; elle parle d'une foule de docteurs cabbalistes, courbés sans cesse sur le grand oeuvre qui, jusqu'à nos jours même, a été la préoccupation et la recherche ardente de tant d'intel- Hgences élevées, dans le l)ut d'arracher aux

(1) Rois, U, ch. XIIÏ, V. 24.

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