CHAPITRE IV
l'origine d'une ère de [progrès , de civilisation et de charité universelle. Mais pour les autorités contemporaines, d'ailleurs si maltraitées en général par Jésus, il y avait là une révolte ouverte contre l'état social de son pays, lequel, comme toute société régulière, ne vivait pas seulement de morale surhumaine et de théories abstraites, mais bien de lois positives respectées par tous les citoyens et rigoureusement pratiquées.
Ce qu'il y avait de plus grave aux yeux des magistrats chargés du maintien de l'ordre pubhc, c'était le cortège habituel dont Jésus était entouré. Ses disciples favoris avaient été choisis par lui dans les plus humbles rangs de l'échelle sociale; des pêcheurs comme Simon, André, Jacques et Jean ; des pubUcains comme Matthieu. Autour d'eux se pressait une foule de publicains, petits employés méprisés et haïs du peuple parce qu'ils étaient chargés de la perception des impôts, et des gens de mœurs suspectes (^). A ceux-là se joignait une multitude d'indigents, heureux d'entendre déclarer que les riches n'entreraient pas dans le royaume des cieux, et de pauvres malades, ardents après le nouveau Rabbi dont l'attouchement semblait pouvoir les guérir.
(i) Marc, ch. H, v. 15. — Luc, ch. XV, v. 1 et 2.
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