CHAPITRE PREMIER
d'Alexandre, divisé après sa mort et déchiré en mille fragments par ses avides généraux. La Grèce était un état en décadence, l'empire romain une puissance dans toute sa vigueur. La lutte entre Jérusalem et Rome pouvait bien se prolonger longtemps encore , mais l'issue n'en était pas douteuse.
Dans ces circonstances, tout libérateur devait être accueilli avec enthousiasme. Quiconque viendrait, au nom de Dieu, réaliser les promesses des prophètes, rétablir le trône de David, repousser d'un bras victorieux les envahisseurs de la terre et de la cité saintes, ne pouvait manquer d'exciter partout en Judée d'universels transports et de rallier rapidement autour de lui tous les hommes et toutes les forces d'Israël. Le sentiment national et le sentiment religieux devaient se réunir pour décupler la puissance de ce Messie et assurer le triomphe de sa mission.
Chefs, magistrats, docteurs, masses populaires, tous se confondaient, à cet égard, dans une même pensée de patriotisme et de liberté. îl existait de nombreux partis en Judée, mais ils avaient tous pour but la défense des lois, de la rehgion et du territoire sacré, les uns voulant secouer par la force le joug romain et réveiller partout la guerre sainte, les autres conseillant la prudence
et l'habileté; ceux-ci diplomatiques, ceux-là franchement|révolutionnaires. Ces puissants Pharisiens, dont FÉYangile a fait un portrait si peu ressemblant, étaient généralement partisans d'une résistance désespérée ; ils y poussaient le peuple ; ils enflammaient les passions contre la domination romaine ; ils prêchaient chaque jour la guerre de l'indépendance.
Jamais, on le répète, dispositions ne furent plus favorables ni cœurs mieux préparés pour saluer l'arrivée de Celui qui, tant de fois annoncé par les prophètes,
Et de David éteint rallumant le flambeau
devait briser le j oug oppresseur , faire de Jérusalem le centre du monde, ramener tous les peuples à l'unité deDieuetétabhr sur la terreentièreramour,la paix etlafraternité. Qui doncenIsraël,àcemoment de trouble et de désolation, eût pu refuser son concours à cette tentative de résurrection nationale et religieuse, 'à cette œuvre de régénération universelle? Qui donc eût voulu mettre obstacle au triomphe de l'idée juive et à l'accompHssement des espérances qui, depuis plusieurs siècles déjà, soutenaient, fortifiaient et illuminaient la nation élue et lui présageaient un avenir rayonnant