‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 38 sur 192 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tives dans un sens qui leur ôte toute gravité; mais, pour les Juifs habitués à entendre tous les prophètes annoncer unanimement que l'arrivée du Messie donnerait à la terre entière la paix et Iç bonheur, etpermettraitàFagneau « d'habiter sans » crainte à côté du loup, » ces prédictions menaçantes ne se conciliaient nullement avec leurs croyances séculaires. Aussi ne faut-il pas s'étonner s'ils réclamaient avec instance des preuves incontestables du caractère messianique que la voix populaire commençait à attribuer à Jésus, et qui, seul, pouvait l'autoriser à proclamer des principes, des interprétations et des dogmes nouveaux.

Il nous est impossible de citer ici tous les passages des Évangiles qui attestent l'anxiété avec laquelle les chefs des prêtres et du peuple, les docteurs de la loi et la foule entière interrogeaient le « prophète de GaHlée. » Bornons-nous à quelques textes essentiels.

Un jour, il avait attaqué avec sa véhémence ordinaire les pharisiens réunis autour de lui, les appelant « race de vipères , incapables de bons » sentiments, maudits dans le présent et dans

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» Tavenir... » Quelques-uns d'entre ceux quHl traitait avec cette sévérité s'approchent de lui et lui disent: « Maître, nous désirerions au moins » voir un signe de toi qui nous démontrât ton » pouvoir. )) — < Cette génération perverse et » adultère demande un signe, s'écrie Jésus ! il ne » lui en sera pas donné d'autre que celui de Jonas î> le prophète {^). » Et l'Évangile ajoute : « De )) même que Jonas resta trois jours et trois nuits » dans le ventre de la baleine, de même le Fils » de l'Homme devait rester trois jours et trois > nuits dans le sein de la terre (2). » Cette allusion mystérieuse à la résurrection ne fut pas comprise par les Hébreux. D'ailleurs renvoyer après sa mort l'apparition du signe surnaturel qui devait le révéler aux Juifs de son époque comme Messie et comme Fils de Dieu, n'était-ce pas, de la part de Jésus, refuser formellement les preuves qui auraient pu éclairer ses contemporains et leur imposer la foi en sa personne et en ses œuvres?

Un autre jour, les sadducéens et les pharisiens l'abordent et lui réitèrent leur demande : « Si tu

(i) Tune responderunt ei quidam de seribis et pliarisaeis dicentes: Magister, volumus a te signum videre. Qui respondens ait illis : Generatio mala et adultéra signum quaerit ; et signum non dabitur ei,nisi signum Jonœ Prophetœ. — Matthieu, cil. XII, V. 38 et suiv,

(2) Ibid., V. 40.

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