‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 47 sur 192 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Dans une autre circonstance, où d'ailleurs il avait violé publiquement la loi du repos sabbatique, l'évangéliste dit que « les Juifs cherchaient » avec ardeur à le faire mourir, non pas seule- 'I ment parce qu'il ne gardait pas le sabbat, mais » parce qu'il disait que Dieu était son père, se » faisant ainsi égal a Dieu (^). » Et lorsqu'il déclarait, comme nous l'avons vu plus haut, qu'// était descendu du ciel, le peuple murmurait et répétait: « Mais n'est-ce pas là Jésus, fils de » Joseph, dont nous connaissons le père et la » mère? Comment donc peut -il dire qu'il est » descendu du ciel? (^) >^

Qu'on Use les discours étranges et inintelligibles par lesquels Jésus répondait aux murmures et à l'irritation de l'opinion pubhque, on reconnaîtra qu'ils n'étaient pas de nature à porter la conviction dans l'esprit de ses auditeurs (^). Aussi ses disciples eux-mêmes, parta-

meo ; propter quod eomm opus me lapidatis? Responderunt ei Judaei : De Bono opère non lapidamus te, sed de hlasphemiâ^ et quia tu, homo cum sis, facis te ipsum Deum. -- Jean, cli. X, V. 31 et suiv.

(1) Proptereà ergo magis quœreLant eum Judaei interficere, quia non solum solvebat Sabbatum, sed et Pairem suum dicebat Deum^ OEQUALEM se faciens Dec. —Jean, eh. V, v. lo.

(2) Murmurabant ergo Judaei de illo, quia dixisset : « Ego » sumpanis vivus qui de cœlo descendi.» Et dicebant : «Nonne » hic est Jésus filius Joseph^ cujus nos novimus patrem et ma- « trem? Quomodo ergodicit hic : quia de cœlo descendi?)) — Jean, ch. VI, v. 41 et 42.

(3) n est impossible de multiplier ici les citations à cet

géant le sentiment général, protestaient à leur tour contre la nature divine que leur maître s'attribuait. «Jésus, dit FEvangile, connaissant que ï ses disciples murmuraient à cet égard, leur di-

)> sait : c( Cela vous scandalise-t-il? Il y en a

)> quelques-uns parmi vous qui ne croient pas. » )> Et, en effet, plusieurs de ses disciples se reti- » rèrent dès lors de sa suite, et ils n'allaient plus » avec lui ( ^ ) » . Il resta donc avec les douze apôtres auxquels il dit à cette occasion: « Et vous! ne i> voulez-vous pas me quitter aussi? » mais Pierre répondit: « A qui irions-nous. Seigneur?... Nous » croyons et nous savons que vous êtes le Christ, » le fils de Dieu (^) ».

Ainsi, aussitôt que Jésus prétendit ouvertement que Dieu était son père et se confondait en lui, le peuple, autrefois si sympathique, se tourna

égard. Nous renvoyons aux chapitres V, VI et suivants de FEvangile de saint-Jean que nous publions à TAppendice ; on y verra, par les paroles de Jésus et par les observations du peuple à qui il s'adressait , que non seulement il n'était pas compris, mais qu'il était vraiment impossible de le comprendre.

(I ; Sciens autem Jésus apud semetipsum quia raurmurarent de lioc discipuli ejus, dixit eis : Hoc vos scandalizat?... sunt quidam e^ vobis qui non credunt... Ex lioc multi discipulorum ejus abierunt rétro et jam non cum illo ambulahant. — Jean, cil. VI, V. 62 et suiv.

(2) Dixit ergo Jésus ad duodecim : Num quid et vos vultis abireV — Respondit ergo ei Simon Petrlis : Domine ad qiiem ibimus?.... Et noscredimus et cognovimus quia tu es Cliristus, filius Dei. —Jean, ibid., v. 68 et suiv.

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