‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 49 sur 192 · CHAPITRE VI. lOi · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. lOi

mes, à un jour fixé dans les secrètes résolutions de la Providence, l'adoreraient comme eux.

Ils croyaient de plus que ce Dieu était un pur esprit, qui ne pouvait ni se manifester, ni être vu sous une forme corporelle. Moïse, le prophète bien-aimé, celui à qui l'Éternel daignait «se faire » entendre directement et non point en vision et » en songe (^),)) Moïse avait en vain supplié Dieu de lui apparaître et de se révéler à lui tout entier ; « Non, lui avait répondu le Créateur infini des )) cieux et de la terre, non, tu ne peux voir ma » face, car aucun homme, étant vivant, ne peut 1» me voir (^) ». Aussi, lorsque le législateur inspiré répétait au peuple d'Israël , avant de se séparer de lui, les principes fondamentaux de la loi, il lui disait : « L'Éternel vous a parlé du mi- 9 heu du feu; vous avez entendu une voix, des i) paroles, mais vous navez point vu de figure » humaine,,. Prenez bien garde à vos âmes, car )) vous n'avez vu aucune forme le jour OÙ l'Eter- » nel vous parla du milieu du feu (^) ». C'est pourquoi, dans ce Décalogue, qui est devenu le Code de tous les peuples civilisés, et dans toute la Bible, on trouve si souvent répétée la défense

(1) Nombres, cli. XII, v. 6 et suiv.

(2) Exode, cil. XXXIII, v. 20.

(3) Deutéronome, cli. IV, v. 12 et 15.

Ho LES DÉICIDES.

d'adorer des images et de prostituer à des statues inertes, à des êtres faits de chair et de boue, Tencens et les hommages qui n'appartiemient qu'à l'Ëternel (M.

Le Judaïsme n'admettait pas que l'infini pût être enfermé dans un corps, dans un espace limité; il n'admettait pas que Dieu pût se diviser en plusieurs parties dont l'une apparaîtrait aux regards des mortels, tandis que l'autre resterait invisible, et toujours infinie quoique partagée, dans les profondeurs des cieux. Le Pentateuque entier témoigne des efforts de Moïse pour inculquer à son peuple, d'une manière inaltérable, cette grande et forte doctrine de Yunité et de XinvisihiliU de Dieu. Tous les prophètes rappellent à ce dogme fondamental les Israélites aussitôt qu'ils semblent s'en écarter, et jamais leurs prédications ne sont plus belles et plus émouvantes que lorsqu'ils tonnent contre l'idolâtrie et le polythéisme païen.

Telle était d'ailleurs la tradition d'Israël depuis son origine. La vocation d'iVbraham ne fut que la proclamation de \ unité et de V immatérialité de Dieu, la condamnation solennelle du

(1) Exode, ch. XX, v. 2 à i4. — Deutéronome, cîi. V, v. 6—48. — lbid.,cli. IV, V, 46 et suiv.

Page 1