‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 51 sur 192 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

système nouveau touchant la divinité ; Dieu ou système que ni les Juifs contemporains, ni leurs pères n'avaient connus. — Vainement des miracles particuliers auraient-ils appuyé cette innovation fondamentale, cette révolution dans la foi unitaire, la loi mosaïque et la conscience populaire condamnaient, sans hésitation, une pareille tentative.

Voici, en effet, le texte irrécusable sur lequel s'appuyaient ceux qui poursuivaient Jésus, et ceux qui, suivant l'Evangéhste Jean, lui jetaient des pierres parce qu'il se déclarait Dieu.

« S'il s'élève au miheu de toi un prophète et » qu'il accomplisse devant toi un signe ou un » miracle ; si, lorsque le signe ou le miracle dont » il t'a parlé s'est accompH, il te dit : * Allons » auprès de Dieux que tu n'as pas connus ni toi » ni tes pères » , n'écoute pas les paroles de ce » prophète... Vous ne servirez que FEternel » votre Dieu ; à lui seul vous sei'ez attachés. Et » ce prophète mourra ,,,,, tu le tueras; que ta » main soit sur lui , et celle de tout le peuple ; » tu r assommeras de pierres^ et il mourra, parce ») qu'il a cherché à te faire dévier d'auprès de » l'Eternel ton Dieu. (^) »

Il est difficile d'être plus clair que ne Test le

(1) Deutéronome, ch. XIH, v. 2 et suiv.

1i4 LES DÉICIDES.

législateur sacré dans le commandement qui précède. Il ne veut pas que rien altère, que rien détruise ce dogme de FUnité divine sur lequel il a basé tout le système de la loi d'Israël et Tavenir de l'humanité entière, et d'où découlent les admirables principes de l'unité des hommes et de la fraternité universelle. — De même qu'il ordonne l'extermination des nations idolâtres de la terre promise, afin que la croyance unitaire ne fût point étouffée, dès sa naissance, par le contact et l'exemple des pratiques païennes, de même il condamne au dernier supplice l'homme, fût-il prophète, qui annonce et qui prêche un Dieu différent de celui qui avait parlé aux Hébreux au sein des éclairs et des tonnerres du mont Horeb. Et ce principe était aussi vivace à l'époque de Jésus qu'aux premiers jours de la nationalité juive. On voit, en effet, par le récit évangéhque, que le peuple juif n'hésite pas ; aussitôt qu'il a entendu sortir de la bouche du fils de Marie une parole qui semble une prétention à la divinité , il s'arme de pierres et veut lapider, suivant le précepte de Moïse , celui en qui il croit voir un blasphémateur. « Nous te lapidons pour ton )) blasphème, lui disent les Juifs ameutés, et » parce qu'étant homme y tu veux te faire Dieu, (^) »

(i) Responderunt ei Juâaeiî De bono opère non lapidamns

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