‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 53 sur 192 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le vide se faisait chaque jour autour de Jésus; les apôtres seuls, quoiqu'animés eux-mêmes de doutes singuliers, restaient fidèles à leur maître et à sa nouvelle doctrine. Mais le peuple tout entier, qui avait accueilli avec tant de sympathie ses premières prédications, s'était unanimement tourné contre lui. Personne, en Judée, nepouvait se résoudre, sans des preuves irrécusables, à voir un Dieu dans un être créé, en apparence de la même nature que le reste des hommes, né dans le sein d'une femme, vivant, mangeant et buvant comme un simple mortel , soumis à toutes les conditions et à toutes les souffrances de l'humanité, connu de tous comme le fils d'un humble charpentier de Galilée et dont la mère , les frères et les sœurs , gens simples et pieux ne revendiquaient nullement pour leur famille une part de la gloireet delapuissance de l'Eternel. Les Juifs remarquaient enfin que les propresparents de Jésus, laplupart de ses disciples eux-mêmes , ne croyaient pas à sa mission, bien moins encore à sa divinité; comment une conviction favorable au fils de Marie aurait-elle pu, dans ces conditions diverses, s'emparer de l'esprit des masses?

Mais ce qui est bien autrement étrange et caractéristique, c'est la longanimité excessive, c'est la patience inaltérable, ne pourraît-on pas dire plutôt l'impuissance? avec laquelle Jésus supporte non-seulement l'incrédulité générale dont il est l'objet, mais encore les outrages, les violences et les voies de fait qui accueillent ses actes les plus significatifs. Nous avons vu, chaque fois qu'une prétention à la divinité était sortie de sa bouche, les Juifs, qui l'entendaient, protester contre ce qu'ils appelaient un Masphèmcy et même s'armer de pierres pour lapider celui qui portait une aussi grave atteinte à la foi d'Israël. C'était alors pour Jésus le moment, ou jamais, défaire éclater sa puissance et d'arrêter, par un prodige éblouissant, puisqu'il avait le don des miracles, ceux qui le poursuivaient et voulaient le faire périr.

Lorsque les habitants de Sodome tentent de faire violence aux envoyés du Seigneur et d'envahir la maison hospitalière de Loth , les anges, étendant la main, frappent d'aveuglement la populace, et, bientôt après, le feu du ciel, uni aux éruptions volcaniques delà terre, brûle et détruit la ville et ses infâmes habitants. — Lorsque , dans le désert , Israël se montre rebelle à la voix de Dieu ou doute de ses

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