‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 55 sur 192 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Jésus abandonné.— Ordre de;le saisir.— Il est trahi par Judas.— Son arrestation. — Violences des soldats romains. — Reniement de Simon Pierre. — Interrogatoire de Jésus. — Instruction et jugement de son procès. — Jésus devant Pilate. — Appel au peuple. — Barabbas. — Prédictions de Jésus touchant sa condamnation et sa mort. — Passion de Jésus. — Cruautés des bourreaux romains, —Suprême sollicitation des Juifs. — Dernières paroles de Jésus. — Sa mort.

Nous touchons maintenant au terme de cette carrière, dont Faction sociale dura à peine quelques années. Nous avons suivi toutes les phases essentielles du développement de la nouvelle doctrine. Nous avons vu Jésus se posant d'abord comme simple réformateur politique et moral dans son fameux discours sur la montagne, bientôt, aspirant au titre sacré de Messie et d'héritier de David. Par une conséquence naturelle de cette ambition, qui prouve qu'à cette époque, il interprétait, comme tous les Hébreux, dans un sens matériel, le règne du Sauveur d'Israël, il est sur le point de se laisser proclamer Roi. Enfin, élevant plus haut ses aspirations, il se dé-

clare ouvertement fils de Dieu et Dieu lui-même. Mais chaque fois que le peuple et les chefs accourent auprès de lui et le supplient de ne pas laisser davantage leurs esprits en suspens, de leur montrer le signe révélateur par lequel ils pourront le reconnaître et Fadorer, il ne leur répond que par des expressions de mépris, des injures violentes et il les laisse plus incertains ou plutôt plus incrédules qu'auparavant.

On se rappelle que, malgré les dangers que ses prédications ardentes pouvaient faire courir à Tordre public, malgré la colère légitime que devaient ressentir les magistrats et les fonctionnaires en butte chaque jour aux attaques du prophète de Galilée, néanmoins on n'avait jamais osé l'arrêter de crainte d'exciter un soulèvement parmi le peuple qui se montrait de toutes parts favorable à Jésus. Mais, lorsque cette crainte eut disparu devant les nouveaux sentiments des masses, les gardiens de la loi d'Israël ne jugèrent pas pouvoir tolérer plus longtemps les actes et les paroles de Jésus; ils pensèrent surtout qu'ils devaient étouffer dans son germe une doctrine reUgieuse qui , en admettant un Dieu sous une forme humaine, portait la plus grave atteinte au monothéisme, principe, force et avenir d'Israël.

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