CHAPITRE VII
La conscience universelle qui, chaque jour, progresse vers le dogme lumineux de l'unité DIVINE , dira bientôt s'ils avaient ou non raison; mais, au point de vue de la foi mosaïque, au point de vue de la loi qui régissait la Judée, dans l'esprit et dans le texte du code du Sinaï, ils avaient incontestablement le droit d'appliquer à Jésus les dispositions pénales rapportées dans le chapitre précédent. Ils résolurent donc d'en finir avec un réformateur à la fois religieux et politique qui semait l'agitation dans le peuple et le trouble dans les esprits, à un moment où l'union de tous les citoyens était si nécessaire pour défendre la patrie commune contre l'invasion romaine, et la religion unitaire contre la contagion des pratiques polythéistes de Rome, maîtresse du monde. Ils trouvèrent un concours facile dans Hérode et dans les représentants de l'empire romain.
Nous avons dit qu'Hérode avait poursuivi Jésus pour le faire mourir (^) , et que ce fut grâce aux avis charitables des Pharisiens que ce dernier parvint à se sauver. D'autre part, la tentative qui avait eu pour but de le faire roi, avait dû naturellement irriter contre lui et le chef de l'Etat juif et les autorités romaines. Il y avait, dans cet en-
(I) Luc, cil. XIII, V. 31,
semble de circonstances, plus de causes qu'il n'en fallait pour le condamner d'après la législation existante.
La trahison aidant, il ne fut pas difficile de s'emparer de lui.
Le nom de Judas Iscariote restera éternellement flétri devant l'histoire et devant la conscience indignée ; mais Jésus, désormais réduit à la garde et au cortège de ses douze disciples favoris, n'aurait évidemment pu échapper longtemps aux recherches de ceux qui avaient ordre de le saisir.
Au reste, il n'est que trop certain qu'à ce moment suprême, il courait lui-même au-devant des poursuites et que, par des raisons qu'il est inutile de rechercher, il attendait de son supplice même le triomphe définitif de l'œuvre qu'il avait entreprise.
Bien souvent, en effet, il avait annoncé à ses intimes la nécessité de sa condamnation et de sa mort pour le succès et l'accompUssement de sa mission en ce monde. Nous avons déjà vu que, lorsqu'il révéla pour la première fois aux apôtres l'intention où il était d'accomplir ce douloureux sacrifice, Pierre l'en détourna avec des supplications et des larmes, et qu'il lui répondit en colère : « Tais-toi, Satan, éloigne-toi, car tu 1 n'as de goût que pour les choses de la terre et