CHAPITRE VII
rêter le saisissent, tous ses disciples, au lieu de revendiquer hautement la gloire de mourir avec lui Tabandonnent et prennent la fuite ( * )• Simon Pierre, le disciple bien-aimé, celui à qui il avait promis le trône de l'Église universelle, Simon Pierre le renie par trois fois, tandis que son maître gémit en sa prison, en butte aux outrages des soldats romains (^). Cette défaillance morale, cette honteuse défection dut être plus douloureuse au cœur de Jésus que les tortures et le supplice qu'il allait souffrir.
Cependant Jésus fut conduit devant le grand tribunal juif où siégeaient, avec le grand-prétre, les chefs du peuple , les scribes et les anciens d'Israël (^) , et son interrogatoire commença. Des témoins furent entendus (^) ; ils durent être nombreux, car les actes et les discours de Jésus s'étaient produits en public. Deux questions graves étaient posées; deux chefs d'accusation pour parler le langage juridique. L'un était d'ordre religieux et l'autre d'ordre politique. On accusait Jésus d'avoir violé la loi d'Israël en se déclarant fils de Dieu ; on l'accusait aussi de vouloir renverser les pouvoirs établis et usurper, à leur
(1) Tune discipuli ejus lelinquyntes eum, omnes fugerunt. Marc, ch. XIV, v. 50.
(2) Marc, ibid., v. 65 et suiv.
(3) Marc, ibid., v. 53 et suiv.
(4) Marc, ibid.
place, Tautorité souveraine. Le premier de ces délitsétait de la juridiction du Sanhédrin hébreu ; le second ressortissait d'Hérode ou de Pilate investis du pouvoir politique.
L'Évangile prouve que le jugement devant le Sanhédrin eut lieu avec toutes les formahtés usitées en pareille circonstance (^). Après l'audition des témoins, dont les dépositions furent plus ou moins concordantes (^), le grand prêtre, se levant au miheu de l'assemblée, interrogea Jésus et lui dit : « Tu ne réponds rien à ce que « ceux-ci ont déposé contre toi. » Mais Jésus demeura dans le silence et ne répondit pas (^). Et le grand prêtre, l'interrogeant encore, lui dit : « Ést-il vrai que tu sois le Christ? » Il leur répondit : « Si je vous le dis, vous ne me croirez » point... mais vous verrez le fils de l'homme » assis à la droite de la majesté divine et venant » sur les nuées du ciel. » Alors les juges lui dirent : « Tu es donc fils de Dieu? » Il leur
(1) Il est inutile que nous insistions sur le côté juridique du procès de Jésus. La question de légalité est indifférente au but de cette étude. Que pourrions-nous dire d'ailleurs après les beaux travaux de M. Salvador sur cette grave question ? [Institutions de Moïse et du peuple hébreu et Réponse à M. Dupin).
(2j Et convenientia testimonia non erant. —Marc, cli. XIV, V. 56 et 59.
(3) Et exurgens &ummus sacerdos in médium interrogavit Jesum dicens : Non respondes quidquam ad ea quae tibi objiciuntur ab bis?— Ille autemtacebat et niliil respondit.— Marc, ch. XIV, V. 60 et 61.