‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 61 sur 192 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

donc aux Juifs de choisir, pour être délivré, entre Jésus et un nommé Barabbas, qui était en prison pour avoir commis un meurtre dans u sédition (^). Mais le peuple, tout d'une voix, demanda que Barabbas fût gracié et insista de nouveau pour que Jésus fût mis à mort. DevCtUt la persistance et Funanimité de ce vœu populaire, Pilate n'hésita plus ; il livra Jésus aux soldats romains, pour que la sentence de mort reçût son exécution.

Nous arrivons à un moment solennel et douloureux; la passion de Jésus s'accomplit dans ce qu'elle a de plus triste et de plus lamentable. L'heure est venue où il va périr et disparaître de ce monde. A cet instant suprême quelque décisive révélation va- 1- elle enfin éclater aux yeux du peuple, et le Dieu condamné iniquement vat-il apparaître tout-à-coup dans sa gloire et frapper de stupéfaction et de terreur ses juges et ses bourreaux? L'Évangile va nous répondre.

(1) C'est à tort que Jean appelle Barabbas un voleur • Erat autem Barabbas Latro. Marc et Luc disent très-nettement que c'était un séditieux qui avait commis un meurtre dans une émeute populaire : Qui erat propter seditionem quamdam factam incivitate ethomicidium missusincarcerem. — Luc, ch. XXIU, v. 49. -Marc, cli.XV,v.7.

Nous n'avons jamais lu sans émotion, dans les récits des quatre Évangélistes, l'exécution de la sentence capitale prononcée contre Jésus; les outrages, les tortures par lesquelles on aggrava l'horreur de son supplice; et la couronne d'épines qui meurtrissait son front, et les coups qu'on lui prodigua, et les crachats dont on osa souiller son visage , et sa marche douloureuse jusqu'au lieu de l'exécution, à ce calvaire où il devait périr entre deux voleurs ; et le vinaigre et le fiel dont on trempa, par un raffinement de cruauté , ses lèvres altérées , et la blessure qu'un farouche soldat lui fit au flanc avec sa lance? Mais dégageons, une fois pour toutes, la responsabihté du peuple juif de toutes ces atrocités. L'Évangile, plus juste que ceux dont il est devenu la loi, déclare que les Romains furent seuls coupables de ces horreurs qui, hélas ! étaient dans les usages et dans les pratiques du Peuple-Roi. Quant aux Juifs, leur intervention dans ce drainesinistre se borna, d'après l'Évangile, à quelques paroles qui, loin d'avoir été prononcées, comme l'ont cru les apôtres, dans un sentiment de dérision et de mépris , étaient

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