CHAPITRE IX. i
de roiympe, pour se mêler aux luttes sanglantes des peuples, semantle carnageetle deuil; c'était, au contraire, pour racheter et pour sauver, par un sublime sacrifice, l'humanité pécheresse. « 11 » n'y a plus de pauvres ni de riches, plus de )) grands ni plus de petits, plus de maîtres ni î) plus d'esclaves, s'écriait l'Évangile aux Gen- » tils, vous êtes, tous, un en Jésus-Christ; vous )) êtes, tous, les membres du corps divin (^). »
Tous ces principes étaient nouveaux pour le monde païen. En lui ouvrant un trésor infini de sensations et d'idées inconnues, ils créaient, en son sein, une révolution radicale, en même temps qu'ils étaient pour lui une révélation surhumaine. Ne nous étonnons pas que la morale évangélique ait été, aux yeux du monde romain , une preuve éblouissante de la divinité du christianisme et de son fondateur. — Divine, en effet, était cette doctrine qui s'appuyait tout entière sur le Décalogue et sur les prophètes d'Israël. — Nous-mêmes nous l'admirons, sans hésitation et sans réserve, à dix -huit siècles de distance. L'Evangile a sanctionné et glorifié toutes les vertus, toutes les maximes de sagesse et de raison qui font l'homme de bien et qui constituent la force et la grandeur des sociétés. C'est àbon droit
(1) Épitre de ?aint Paul aux Galates.
que le paganisme antique y a vu, y a salué comme une apparition de Dieu lui-même, comme une manifestation de la divinité dans l'histoire du genre humain.
Mais devait-il en être de même pour les Juifs contemporains de Jésus? Non, sans doute, car il n'y avait, dans les enseignements du Réformateur de Nazareth, rien que tout Israël n'eût appris dès longtemps par la voix de ses législateurs, de ses prophètes et deses sages, sans qu'aucun d'eux eût songé, pour cela, à se proclamer ni Messie, ni Dieu.
On ne saurait trop insister sur cette vérité historique : que les peuples païens n'ont connu la morale biblique que par l'Évangile, et qu'ils ont naturellement attribué au christianisme triomphant et à son fondateur les principes moraux que le Nouveau-Testament avait purement et simplement empruntés à l'Ancien.
Pour le monde romain, initié tout d'un coup par les apôtres et les disciples de Jésus à ces lumineuses vérités, il y a eu, il a dû y avoir une