‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 78 sur 192 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

et des persécutions. Or, il y en a peu qui sachent ou qui daignent se souvenir que les paroles indignées du fils de Marie, à cette occasion, sont tirées du prophète Jérémie, s'écriant en fureur aux pécheurs de son temps, comme Jésus devait le faire plus tard dans le temple de Jérusalem : « Ma maison est une maison de prière, » et vous en avez fait une caverne de voleurs 0» .

« Laissez venir à moi les petits enfants (2), dit » Jésus, car le royaume des cieux est pour ceux » qui leur ressemblent, et c'est de la bouche des » petits enfants et de ceux qui sont à la mamelle » que sort la plus parfaite louange (^) ».

Ces dernières paroles qui caractérisent l'esprit et la portée de la belle maxime : « Laissez venir » à moi les petits », Sinite parvulos venire ad me, sont extraites du livre des Psaumes où David les applique à la glorification de l'Éternel (^).

Il y a dans l'Évangile une remarquable pararabole; c'est celle du bon pasteur qui, voyant qu'une de ses brebis s'est égarée, laisse mo-

(1) Jérémie, ch. VII, v. i1.--n^t< nTH n"'an .TH D''5?-!3 nivaîi

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(2) Marc, cli. X, v. 14.

(3) Matthieu, cil. XXI,v. 16.

(4) Psaume Vlll,v. 3.

mentanément les autres pour aller la chercher ; et, lorsqu'il la trouve, elle lui cause plus de bonheur que les quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne se sont point égarées ('), car, a il y a plus de » joie au ciel pour un pécheur qui se repent, » que pour dix justes qui n'ont jamais failli ». N'en déplaise aux auteurs des Évangiles, cette consolante doctrine circulait depuis longtemps dans les écoles pharisiennes de la Judée, et le Talmud la rapporte, en termes presque textuels, comme étant l'enseignement de deux illustres docteurs du pharisaïsme (^).

Ces ressemblances, ces emprunts faits aux textes bibliques et aux sages de la Synagogue n'ont rien qui doive surprendre, lorsqu'on réfléchit que, nulle part, dans les Évangiles, il ne se trouve un passage d'où l'on puisse induire que Jésus songeait à étaWir une nouvelle loi en Israël.

A l'exemple des docteurs juifs, c'est constamtamment sur quelque verset des livres saints qu'il appuie l'autorité de ses paroles et même la divinité de sa mission. Les commentaires qu'il tire de ces textes lui appartiennent sans doute,

(1) Matthieu, ch. XVIII, v. 12 et suiv.

(2) D3ii< oniDJ D^pn^T DU? onDiiT r\2wr\ iSsri^ Dipa Talmud, traité Berachot, 34 b. et Sauliédriu 99 a. du; anDiy-

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