CHAPITRE IX
mais il a toujours grand soin de les rattacher à Fancienne loi ; il la cite, il ne cesse d'en prescrire Fobservation. Comme les prophètes d'Israël il cherche à ramener aux commandements divins ceux qui s'en éloignent ; il court après les brebis égarées pour les faire rentrer au bercail ; mais il déclare solennellement qu'il ne veut rien changer auxprincipesessentielsdu Judaïsme. « Ne » pensez pas, s'écrie-t-il, ne pensez pas que je » sois venu détruire la loi ou les prophètes ; je » ne suis pas venu les détruire, mais les accom- » phr. Car, je vous le dis en vérité, jusqu'à ce » que le ciel et la terre passent, il ne sera point M enlevé un seul iota ni une seule virgule de ce » qui est dans la loi^)».
Lorsqu'il parlait ainsi au peuple, Jésus affirmait donc, proclamait de nouveau la vérité, la grandeur, l'autorité de tous les principes moraux contenus dans l'Ancien-Testament ; il parlait aux Hébreux le langage qu'ils avaient toujours entendu, auquel, depuis des siècles, leur esprit et leur cœur étaient habitués. Entre le peuple juif et le prophète de Nazareth toute la question se bornait à de sévères prédications contre les vices des peuples et des grands, à de vives censures contre les Scribes et les Pharisiens;
(1) MaUhieu, ch. V, v. 17 et suiv.
mais la morale du Sinaï n'était pas en discussion. Jésus exaltait et recommandait a\ec une nouvelle force toutes les vertus déjà révélées à Israël par Moïse, David, Salomon, et la pléiade rayonnante des voyants Hébreux.
Cette pensée du nouveau maître se manifesta dans deux circonstances significatives qu'il importe de rappeler, car elles montrent que les enseignements de Jésus étaient identiques avec ceux du Pentateuque.
Un jour, dit TÉvangile (^), un jeune homme s'approcha et lui dit : « Bon maître, que faut-il » que je fasse de bien pour acquérir la vie éter- » nelle? » Jésus lui répondit : « Pourquoi m'ap- » peler bon? il n'y a que Dieu seul qui soit bon. » — Si tu veux entrer dans la vie, observe les » commandements?»— «Quels commandements?
» lui dit-il, » — Jésus répondit : « Tu ne tueras )) point; tu ne commettras point d'adultère ; tu ne » déroberas point ; tu ne porteras point de faux » témoignage ; honore ton père et ta mère ; et » aime ton prochain comme toi-même. »
Aucun docteur juif n'eût parlé différemment. Ce que Jésus prescrivait, comme assurant la
(1) MaUliieu, ch. XIX, v. 16 et suiv. — Marc, ch. X, v. 17 et suiv. — Luc, ch. XVIII, v. 18 et suiv.