‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 80 sur 192 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

vie éternelle, est tout simplement, dans ses ter^ mes textuels, le Décalogue auquel est jointe cette belle parole du Lévitique : « Aime ton prochain )) comme toi-même (^) «.

Dans une autre occasion (2) un docteur Pharisien vint lui adresser cette question : « Maître, )) quel est le grand commandement de la loi? » Jésus lui répondit : c Ta aimeras le Seigneur ton » Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de B tout ton esprit (^). C'est là le grand et le pre- » mier commandement. Et voici le second qui » est semblable à celui-là : « Tu aimeras ton pro- » chain comme toi-même. » Toute la loi et les » prophètes sont renfermés dans ces deux comu mandements. »

Or, c'était là encore une simple citation des livres saints ; c'était extraire du Pentateuque, en deux paroles expressives, le résumé de toute la morale du mosaïsme; c'était déclarer qu'il n'y avait rien au-dessus de ces sublimes prescriptions ; que Jésus lui-même n'apportait rien aux hommes de supérieur à cette admirable loi qui confond, dans un même commandement, l'amour de Dieu et l'amour du prochain.

(i) -]iaD "jîrib nin«v Lévitique, cli. xix^ v. 18.

(2) MaUhieu, cli. XXII, v. 33 et suiv.

(3) Deutéronome, ch. VI, v. 5.

Ainsi l'intention de Jésus n'est pas douteuse, en ce qui concerne l'enseignement des vérités morales. Il veut ramener aux grands principes de la loi juive ceux qui s'en écartent ; il ne songe pas à les modifier. Qu'aurait-il, en effet, pu dire aux Hébreux, de plus beau, de plus simple, de plus manifestement vrai, que les maximes qu'on vient délire?

Toutefois en rappelant aux hommes de son époque les préceptes sacrés qui, depuis des sièbles déjà, étaient le fondement du judaïsme; en résumant par quelques principes saisissants la morale d'Israël, Jésus poursuivait aussi un but qui le plaçait parmi les grands réformateurs hébreux.

La S^7lagogue juive, comme tous les cultes qui ont une longue existence historique, tendait en effet à exagérer son formalisme et ses symboles et à multiplier les pratiques cérémonielles aux dépens de l'esprit même de la religion. Cette tendance, qui n'était rien moins

Page 1