CHAPITRE IX
» qui s'enveloppent de leur voile sacré {taleth) » pour se poser en vrais Pharisiens et qui ne le » sont pas.
» Ne crains pas les vrais Pharisiens, disait à » sa femme , en mourant, leur grand persécu- » teur, Alexandre Jannée; ne crains pas non » plus ceux qui ne le sont pas (les Sadducéens » ses amis); crains beaucoup, au contraire, les » Pharisiens teints (ceux qui ne sont pas Phari- B siens et qui veulent le paraître) (^) ».
Il y a eu à toutes les époques et dans toutes les religions, des Pharisiens teints, suivant l'expression d'Alexandre Jannée; il y en a encore de nos jours. Les tartufes et les hypocrites qui couvrent leurs passions et leurs vices du masque sacré de la foi, n'existent pas et n'ont pas seulement existé en Judée. Mais les vrais Pharisiens, les grands moralistes à qui nous devons le beau traité des Maximes des Pères {^), n'a-
'!) Ce passage important est extrait du Talmud, traité Sota, XXII, verso. Le mot Pharisiens teints, n'est pas sans quelque analogie avec les sépulcres blanchis dont parle Jésus.
(2) Traité de la morale, conservé par le Talmud et composé de sentences émanées des sages de la grande Synagogue (nS'n:in nojD WiiO' On nomme ainsi les docteurs illustres qui enseignèrent pendant la durée du second temple. Leurs préceptes ne le cèdent à ceux d'aucun moraliste ; ils sont surtout remarquables par leur caractère éminemment social et pratique.
vaient pas attendu que Jésus parût pour atteindre d'un blâme sévère les faux dévots de leur époque. Sur ce point encore, le maître des Évangiles n'a eu qu'à se rappeler leurs énergiques paroles et à les traduire dans le langage qui lui était propre.