CHAPITRE X
Le Discours sur la montagne.— -Rapports entre ses principes et ceux des livres saints. — forme employée par les rédacteuî s définitifs de ce sermon. — • But qu'ils se sont proposé.
— Similitudes entre le Discours sur la montagne et divers passages de la Bible et des docteurs Hébreux. — La colère.
— Le désir coupable. — Le talion. — La haine de Tennemi.
— L'aumône. — La prière. — Trésors dans le ciel. — Confiance en Dieu. — Ne pas juger les autres. — Résumé.
La doctrine morale de Jésus est essentiellement exposée dans le célèbre discours qu'il prononça en Galilée, assis au milieu de ses disciples, au sommet d'une éminence qu'environnait un peuple avide d'entendre les paroles du jeune Rabbi. Ce beau sermon, qui nous est arrivé sous le titre traditionnel de : « Dis- » cours sur la montagne »> , se résume en quelques principes simples et lumineux , destinés à bien faire comprendre, sous le sens littéral du texte, le véritable esprit de la loi et de la morale israélite, telles que l'avaient constam-
ment enseignée les chefs spirituels du (peuple élu.
C'est ce que vont nous prouver une analyse des paroles de Jésus et quelques rapprochements décisifs.
« Heureux les pauvres d'esprit, disait le doc- » teur. de Nazareth, car le royaume des cieux » leur appartient ! — Heureux ceux qui sont doux, » car ils posséderont la terre ! — Heureux ceux » qui pleurent, parce qu'ils seront consolés ! — » Heureux ceux qui sont affamés de justice, parce » qu'ils seront rassasiés ! — Heureux ceux qui » sont miséricordieux, parce qu'ils obtiendront )) miséricorde ! — Heureux ceux qui ont le cœur » pur, parce qu'ils verront Dieu ! — Heureux les » pacifiques, parce qu'ils seront appelés enfants » de Dieu ! — Heureux ceux qui souffrent pour la » justice, parce que le royaume des cieux est à » eux ! »
Et il ajoutait : « H vous a été dit : Tu ne tue- » ras point, et moi je vous dis que quiconque se » met en colère contre son frère mérite d'être • condamné.— Il a été dit : Tune commettras pas )) d'adultère; et moi je vous dis que le désir )) impur est déjà un adultère. — 11 a été dit : » Yous ne vous parjurerez point ; et moi je vous » dis ne jurez jamais, ni par le ciel qui est le