CHAPITRE X
» trône de Dieu, ni par la terre qui est son mar- » chepied, ni par Jérusalem qui est la ville royale . » — Il vous a été dit : OEil pour œil, dent pour » dent; et moi je vous dis de ne point résister n au mal qu'on veut vous faire; mais, si on vous a » frappé sur la joue droite, présentez la joue » gauche. — Il vous a été dit : Tu aimeras ton » prochain et tu haïras ton ennemi; et moi je » vous dis : aimez vos ennemis, faites du bien » à ceux qui vous haïssent. — Faites le bien, » faites l'aumône en secret, et que votre main » gauche ignore ce que donne votre main droite^ » — Priez en silence et n'augmentez pas inutin lement vos oraisons , comme le font les peu- )) pies païens. -— Ne vous faites point des trésors » dans la terre, mais faites-vous des trésors » dans le ciel. — Ne vous inquiétez pas où » vous trouverez votre nourriture, car le Sei- )> gneur qui nourrit les oiseaux du ciel, sans « qu'ils sèment ni qu'ils moissonnent , vous » donnera ce qui est nécessaire à votre exisi> tence; n'ayez donc pas souci du lendemain. » — Ne jugez point les autres afin de n'être pas D jugés (^). —Faites aux hommes tout ce que vous
{i) Le fameux passage . » Otez la poutre de votre œil avant » de vouloir tirer la paille de l'œil de votre voisin, » est, dans le Discours sur la montagne, le corollaire et le développement de ce précepte. —Matthieu, cli. VU, v. 3 et suiv.
)» voulez qu'ils vous fassent ; cas c'est là la loi » et les prophètes (^) )».
Tel est, dans ses maximes fondamentales et textuelles, ce discours magistral qui est devenu avec raison le symbole de la morale évangélique. Le Judaïsme n'a rien à reprendre à ces grands principes de fraternité, de charité et de vertu. Il les admire avec tous les cœurs droits et tous les esprits pieux ; il en est fier parce qu'ils lui appartiennent et que, après tout et malgré les iniquités dont il a été la victime, c'est une gloire pour lui d'avoir donné au monde, par l'intermédiaire de Jésus et de ses disciples, ce qu'il y avait de plus pur et de plus sublime dans la loi morale du Sinaï. Mais, lorsque ces radieux enseignements lui furent donnés sur la montagne où le peuple et les apôtres écoutaient avec avidité les paroles du nouveau maître, il ne dut ni en être étonné, ni y voir autre chose que la constante tradition des sages d'Israël. Le sentiment de surprise et d'admiration qui accueillait les leçons du fils de Marie, s'adressait plus à l'homme qu'à la doctrine : « D'où » lui vient tant de sagesse? s'écriait la foule.
(1) Tout le Discours sur la montagne remplit les chapitres V, VI et VII de l'évangile selon saint Matthieu.