‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 87 sur 192 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

» N'est-ce pas là cependant le fils du charpen- )) tier? (') » Et en effet quelle nouveauté, quelle révélation nouvelle contenaient, aux yeux des Juifs, les préceptes que nous venons de rapporter?

Il faut remarquer d'abord le soin attentif avec lequel Jésus rattache, dans son sermon, son enseignement à celui du judaïsme tout entier. C'est au début même de ce discours qu'on lit cette déclaration solennelle. « Ne pensez pas que je » sois venu détruire la loi ou les prophètes; je » ne suis pas venu les détruire, mais les accom- » plir (^) ».

Le discours sur la montagne prouve, du reste, que son auteur était fortement nourri des idées et même des formules de langage qui se trouvent dans les livres saints. Les prophètes, le Pentateuque, les autres hagiographes, enfin les docteurs de la Synagogue, offrent un très-grand nombre de textes qui ont une singulière ressemblance, non seulement pour la pensée, mais

(i) MaUhieu, ch. XIIl, v. 54 et m.

(2) MaUhieu, cti. V, v. 17.

pour le style et pour l'expression, avec les paroles de Jésus.

Ces affinités ne sauraient surprendre. Le fils de Marie était Juif; il avait été instruit dans les préceptes de la foi hébraïque ; son génie ou son inspiration lui avaient fait dégager particulièrement dans les saintes écritures ce qu'elles renfermaient de plus beau : mais, comme il le disait lui-même, avec tant de force, il proclamait, en même temps, Téternité et Timmuabilité des commandements contenus dans la loi, et sa formule habituelle, lorsqu'il exposait un grand principe moral, était celle-ci : « Voilà la loi et «les prophètes (*) ».

Toutefois les rédacteurs définitifs du beau Discours sur la montagne n'ont pas mis un aussi grand scrupule que leur maître, à rattacher sans cesse ses prédications aux enseignements des écrivains sacrés. Il est probable qu'à l'époque où les Évangiles furent rédigés, les apôtres avaient déjà abandonné la Judée, rebelle à leur prosélytisme, pour entreprendre la conversion des Gentils (^). Se séparant du Judaïsme, ils

(4) Matthieu, cli. VIII, v. 42.

(2) Les Évangiles ont été écrits en grec, ce qui prouve bien manifestement qu'ils ont été faits pour les peuples païens et non pour les Juifs, dont la langue nationale était encore, à cette époque, l'iiébreu.

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