‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 93 sur 192 · IL PRÉSENTE LA JOUE A CELUI QUI LE FRAPPE · texte numérisé non relu

IL PRÉSENTE LA JOUE A CELUI QUI LE FRAPPE

"•nb ^r\D)2h ]!!''• Jamais ressemblance d'idées et d'expressions fut-elle plus saisissante!

« Ne dis point, ordonne l'auteur des Prover- » bes^ ne dis point ; « Je rendrai le mal », mais » attends l'Éternel, il te délivrera (*) ».

« Ne dis point : « Je traiterai cet homme-là » comme il m'aura traité ; je rendrai à chacun » selon ce qu'il m'aura fait (^) » .

« Le Seigneur se vengera de celui qui veut se » venger, et il n'oubliera jamais ses fautes (^) » .

Voici quelle était, sur ce point, la doctrine des Pharisiens :

« Ceux qui se laissent offenser sans retourner » l'offense , enseignent-ils ; ceux qui se laissent » dire des injures sans y répliquer, c'est d'eux » que parle le Prophète lorsqu'il dit : « Les amis » de Dieu resplendiront un jour comme le soleil » qui se lève dans toute sa magnificence (^) ».

« Si ton camarade t'appelle âne, endosse le » bât (^ ] » , dit un autre docteur Pharisien, en style non moins pittoresque que l'Évangile, pour in-

|L (1) Proverbes, ch. XX, v. 22.

K (2) Proverbes, ch. XXIV, v. 29. K (3) Ecclésiastique, ch. XXVin, v. 1. HL (4) Talmud, traité Joma, 23, col. 1.

^P (5) u?^D "j^naS ><331i< .snDn "j'^np "jinn) Talmud, traité Baba Kama, 87.

cliquer qu'il faut pardonner les injures et donner l'exemple de l'humilité.

Nous arrivons, en suivant les développements de cet important Sermon sur la Montagne, qui est depuis dix-huit siècles le manifeste moral du christianisme, à cette parole grave de Jésus : « Vous avez appris qu'il a été dit aux Anciens : « Vous aimerez votre ami et vous haïrez votre » ennemi. » Et moi je vous dis : « Aimez votre en- » nemi ; faites du bien à ceux qui vous haïssent » . Cette accusation contre l'Ancienne Loi mérite d'être appréciée avec attention, à la lumière de la vérité.

Quels étaient donc les anciens à qui il avait été dit, d'après les rédacteurs de l'Évangile : « Yous aimerez votre ami et vous haïrez votre » ennemi? »

Ce n'étaient certainement pas les contemporains de Moïse, eux qui avaient entendu cette parole solennelle: « Tu aimeras ton prochain » comme toi-même (^) » ; — « ton prochain » c'est-à-dire tous les hommes, et non pas seulement « tes amis » comme le prétend l'Évangile, altérant à la fois le texte et l'esprit de cette belle maxime de fraternité et d'amour (^),

{{) Lévitique, ch. XIX, v. 18.

(2) Notre savant coreligionnaire, M. Munk, s'est préoccupé

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