‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 95 sur 192 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

») mal pour le mal? N'ai-je pas secouru au con- » traire celui qui m'opprimait à tort? (*) »

Ce n'était pas le pieux Job, lorsqu'au milieu de ses afflictions, il disait : « Me suis- je jamais » réjoui de la ruine de celui qui me haïssait? Ai- » je été heureux de ce qu'il était tombé dans la » misère? (^) »

Ce n'était pas le sage auteur de l'Ecclésiastique, ce Jésus fils de Sirach avec lequel le fils de Marie a tant d'affinités, lorsqu'il disait : « Ne te « réjouis point de la mort même de ton plus grand » ennemi (^) ».

Ce n'étaient pas les sages de Pharisaïsme, dont un des plus illustres, Samuel le jeune, enseignait à ses disciples « de ne point désirer le mal- )' heur d'un ennemi et de ne pas se réjouir de » sa chute (*) ».

La tradition d'Israël était donc constante sur cette grande question morale; elle n'a jamais varié depuis les premiers jours de la sortie d'É-

(1) Psaume 7, v. 4 et S.

(2) Job, cil. XXXI, V. 29.

(3) Ecclésiastique, cli. VllI, v. 8.

(4) Pirké Abotli, ch. IV, v. 24.

gypte jusqu'aux docteurs de la Synagogue antérieurs à Jésus. — Jamais la loi juive n'a prescrit la haine de l'ennemi; mais, au contraire, par une suite de préceptes touchants, elle a toujours ordonné de rendre le bien pour le mal et de ne conserver dans le cœur aucun sentiment d'animosité, aucun désir de vengeance. Et lorsque Jésus disait à son tour : « Faites du bien à » ceux qui vous haïssent » , il n'était que l'écho et l'imitateur de la doctrine inspirée par Dieu luimême au peuple élu et observée, avec une pieuse fidélité, par tous les justes d'Israël.

Le pardon des injures, la bienveillance et l'amour même envers ceux qui nous ont fait du mal, ne sont qu'une des formes de la charité. Mais îa bienfaisance a un autre but non moins élevé : c'est le soulagement des misères d'autrui. L'aumône, le secours intelligent et opportun donné à l'indigent, sont un des premiers devoirs de l'humanité, comme ils sont une des plus belles inspirations de la fraternité primitive. Jésus n'avait évidemment rien à ajouter aux admirables commandements du Mosaïsme et des docteurs hébreux en matière de charité. Tout le monde sait que la bienfaisance a été élevée par le divin auteur du Pentateuque à la hauteur d'un grand devoir social, et que la loi réservait à l'indigent.

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